[scald=82291:sdl_editor_representation]PARIS (Reuters) - Nicolas Sarkozy a mis en demeure mercredi l'opposition de gauche de respecter la parole de la France, qui s'est engagée, avec ses partenaires de la zone euro, à introduire dans sa Constitution une règle d'or imposant le retour à l'équilibre budgétaire.

Le président de la République, qui présentait ses voeux aux parlementaires, toutes tendances confondues, a également remis la pression sur les collectivités territoriales, dans une large part dirigées par la gauche, en annonçant qu'il réunirait leurs représentants en février pour discuter de leur contribution à la maîtrise des déficits publics.

Tous les gouvernements de la zone euro, de droite comme de gauche, sont d'accord pour se doter d'une règle d'or, qui fait partie de l'accord conclu en décembre dernier par les 17 sur un nouveau pacte budgétaire, a dit le chef de l'Etat.

Ce pacte pourrait être endossé par les chefs d'Etat et de gouvernement de l'Union européenne lors du Conseil européen du 30 janvier. Nicolas Sarkozy et la chancelière allemande Angela Merkel ont souhaité, lundi, qu'il soit signé le 1er mars.

Nicolas Sarkozy a cependant renoncé, jusqu'ici, à convoquer le Parlement français en Congrès pour voter la réforme constitutionnelle nécessaire, en raison de l'opposition de la gauche, qui le prive de la majorité requise.

"La France ne peut pas seule s'affranchir des règles minimum de discipline budgétaire", a-t-il fait valoir mercredi. "C'est la parole, c'est la signature, c'est l'autorité de la France qui sont en jeu (...) Et la parole de la France s'impose à tous."

Un avertissement lancé à un peu plus de trois mois de l'élection présidentielle, lors de laquelle il devrait affronter le socialiste François Hollande, qui le devance aujourd'hui dans les sondages d'opinion.

COLLECTIVITÉS LOCALES DE NOUVEAU CIBLÉES

Nicolas Sarkozy accuse régulièrement les collectivités locales de laisser dériver leurs dépenses -une guérilla qui a contribué à coûter à la droite la majorité au Sénat lors des élections sénatoriales de septembre dernier.

Il les a de nouveau exhortées mercredi à participer à l'effort national de réduction des déficits publics et d'une dette qui valent à la France d'être aujourd'hui menacée de voir sa note souveraine dégradée.

Il a souligné à titre d'exemple le fait que les collectivités locales avaient créé plus de 550.000 emplois de 1998 à 2009 alors que l'Etat avait réduit le nombre de ses fonctionnaires de 59.000 pendant la même période.

Il a estimé qu'aucune collectivité publique ne pouvait être exonérée des efforts de maîtrise des dépenses et d'une gestion plus rigoureuse des effectifs de fonctionnaires.

"J'ai la conviction que, dans la situation actuelle, un dialogue républicain, responsable et raisonnable est possible pour mieux répondre au défi de la maîtrise de nos dépenses publiques", a poursuivi le président de la République.

"C'est pourquoi, avec le Premier ministre, dès le mois prochain, nous réunirons les présidents des associations d'élus locaux, le président du comité des finances locales et les présidents des commissions des finances du Sénat et de l'Assemblée nationale pour examiner ensemble les voies et les moyens permettant de mieux associer les collectivités locales à l'indispensable effort de réduction du déficit public."

Le nouveau président du Sénat, le socialiste Jean-Pierre Bel, qui assistait à ces voeux avec d'autres élus de gauche, mais aussi le fondateur du Front national, Jean-Marie Le Pen, a accusé le chef de l'Etat de "s'obstiner dans l'erreur".

"Le fait de montrer du doigt les collectivités locales a entraîné la défaite (de la droite) au Sénat", a-t-il déclaré à des journalistes, après le discours de Nicolas Sarkozy.

Emmanuel Jarry et Yann Le Guernigou, édité par Gérard Bon

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