[scald=90251:sdl_editor_representation]PARIS (Reuters) - Le Parti socialiste redouble lundi de critiques sur les propos controversés de Claude Guéant sur les civilisations, y voyant un geste de campagne, tandis que la droite continue d'accuser l'opposition de nourrir artificiellement la controverse.

Le ministre de l'Intérieur, qui s'adressait samedi à huis clos au syndicat étudiant Uni à l'Assemblée nationale, a déclaré

que toutes les civilisations ne se valaient pas.

Aussitôt relayés par des participants sur Twitter, ces propos ont été confirmés dimanche par Claude Guéant, qui a dit ne pas les "regretter".

"C'est un geste prémédité, volontaire, conscient (...) et qui a été sûrement couvert par l'Elysée. Il serait bon que M. Sarkozy s'en désolidarise (...) mais il ne le fera pas parce qu'il est en campagne", a déclaré sur LCI Pierre Moscovici, directeur de campagne de François Hollande.

Une position également défendue par Michel Sapin, chargé du projet présidentiel du candidat socialiste.

"On aurait pu penser que c'était le reflet d'un manque de culture. Mais c'est le reflet de la volonté de Nicolas Sarkozy de toujours opposer une catégorie de Français à une autre, de toujours stigmatiser une religion (...), de diviser la Nation quand il faudrait la rassembler", a-t-il déclaré sur Europe 1, évoquant "une forme de xénophobie".

Plusieurs ténors du parti de la majorité ont pour leur part défendu Claude Guéant.

"La politique, c'est d'exprimer des convictions, on n'est pas obligé de se battre uniquement sur des chiffres économiques, on peut dire: je préfère ce modèle de société", a ainsi déclaré le ministre de la Défense, Gérard Longuet, sur Europe 1. "Je l'aurais dit différemment, mais je pense la même chose", a-t-il ajouté.

Les ministres de l'Economie et du Travail, François Baroin et Xavier Bertrand, ont également pris ce week-end la défense de Claude Guéant, tandis qu'Henri Guaino, conseiller spécial de Nicolas Sarkozy, appelait à cesser "l'hystérie" à moins de 80 jours du premier tour de l'élection présidentielle pour laquelle le candidat socialiste François Hollande est donné favori.

Le ministre des Affaires étrangères Alain Juppé s'est légèrement démarqué du reste du gouvernement, estimant que l'utilisation du mot de "civilisation" pouvait prêter à confusion.

Chine Labbé, édité par Patrick Vignal

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