Prévues au 1er janvier, ces taxes sont bien annulées et non suspendues pour six mois. L'exécutif a tenté un geste fort mercredi soir, à trois jours d'une mobilisation à haut risque des "gilets jaunes", en renonçant, pour l'année 2019, aux augmentations de taxes sur les carburants.

Le gouvernement a trois jours pour tenter de faire baisser la tension avant samedi, présenté par les Gilets jaunes comme "l'acte 4" de leur mouvement.
Le gouvernement a trois jours pour tenter de faire baisser la tension avant samedi, présenté par les Gilets jaunes comme "l'acte 4" de leur mouvement. © Getty / Veronique de Viguerie

Cette information a été confirmée par le ministre de la Transition écologique François de Rugy, en citant le président de la République lors d'un débat télévisé avec quelques "gilets jaunes" mercredi soir.

Un dernier débat a eu lieu au Sénat mercredi après-midi, après un marathon de trois jours pour tenter de faire baisser la tension avant samedi, présenté par les "gilets jaunes" comme "l'acte 4" de leur mouvement.  

Le problème, c'est qu'en 24 heures, l'orchestre du gouvernement n'a pas toujours joué à l'unisson. L'Elysée est repassé derrière Edouard Philippe, mercredi soir, pour préciser que la hausse du 1er janvier sur les carburants étaient bien "annulée", et non différée ou suspendue. Emmanuel Macron s'est aussi agacé de la liberté prise par sa secrétaire d'Etat Marlène Schiappa sur l'impôt sur la fortune. 

C'est devenue une critique récurrente dans la majorité, Edouard Philippe, trop techno, qui parle en déciles et pourcentages, au moment où les "gilets jaunes" ont besoin de réponses claires, d'où l'extrême vigilance de l'Elysée sur le choix des mots. Emmanuel Macron a écouté Edouard Philippe parler de "suspension" de la hausse sur les carburants. 

La suspension devient annulation

Deux heures plus tard, dans la bouche de ses conseillers, la "suspension" devient "annulation", un accroc de plus entre les deux têtes de l'exécutif après des dissensions, la semaine dernière, sur l'opportunité même d'annoncer un moratoire. On observe la même vigilance d'Emmanuel Macron quand la secrétaire d'Etat Marlène Schiappa sort de son périmètre et propose le retour de l'ISF. 

Aussitôt recadrée : "Pas question de détricoter ce que nous avons fait depuis un an et demi", explique le Président en Conseil des ministres. "Céder une fois, ça ne veut pas dire dérouler toute la pelote", met en garde l'un de ses proches. "Sinon, le signal envoyé au monde économique est désastreux."   

Pour l'instant, ce qui est envoyé, c'est surtout le signal de la fébrilité dans les mots car l'objectif, c'est bien de faire baisser la pression avant samedi. 

Et si Emmanuel Macron, correcteur en chef, prenait lui-même la parole ? Ce n'est pas prévu, en tout cas, pas avant samedi.

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