nouveau record d'impopularité pour françois hollande
nouveau record d'impopularité pour françois hollande © reuters

Un anniversaire et un record : deux ans après son élection le 6 mai 2012, seuls 20 % des personnes interrogées font confiance à François Hollande. Aucun autre président en exercice n'était tombé si bas. L'opération de reconquête commence aujourd'hui...

Selon un baromètre CSA pour Les Echos et Radio Classique, le chef de l'État a perdu cinq points de popularité en un seul mois, battant son propre record d'impopularité. Et pourtant, François Hollande semble tout faire pour inverser cette (autre) courbe. Malgré la nomination d'un nouveau Premier ministre très populaire, des concessions sur certaines mesures phare (comme le pacte de responsabilité), et la promesse d'un "retournement" de l'économie, rien n'y fait.

Même à Béruges, commune de la Vienne où les habitants avaient massivement voté pour lui (67% des voix), on n'y croit plus. Reportage de Damien Guillard

Car deux ans après, la liste des déceptions éclipse celle des succès. Même le porte-parole du gouvernement, Stéphane Le Foll, reconnaît qu'il y a un "lien perdu" entre "les Français et le président". Pour lui, c'est la conséquence directe des décisions lourdes prises ces deux dernières années. Et de leur manque d'efficacité visible : le chômage, notamment, semble voué à augmenter quoi que fasse le gouvernement.

Même sur les mesures populaires de ces deux premières années, le président a finalement déçu. La réussite du mariage pour tous, par exemple, a été ternie cette semaine par le recul sur la PMA (Procréation Médicalement Assistée).

L'association lesbienne "Fières" enterrait hier symboliquement le "courage politique de François Hollande", Sophie Cambra

François Hollande, deux ans de présidence
François Hollande, deux ans de présidence © IDÉ

La reconquête, c'est maintenant ?

Pour tenter d'inverser la vapeur, le président de la République a fait de ce 6 mai 2014 le symbole d'un tournant. Avec d'abord sa première intervention médiatique depuis la conférence de presse du 14 janvier. Pendant une heure, il était l'invité de RMC et BFM-TV. Un exercice où, sans faire d'annonce fracassante, François Hollande a tout de même entamé un début de mea culpa. Il a notamment regretté de ne pas être allé "encore plus vite" dans ses réformes, de ne pas avoir "suffisamment dit" que la situation économique "était grave". Tout en rappelant qu'il faisait de la baisse du chômage l'enjeu numéro un de son quinquennat.

Comment voulez-vous, à la fin de mon mandat, si j'ai échoué sur la croissance, échoué sur le chômage, échoué sur le redressement du pays, que je puisse dire 'j'ai la solution pour la suite' ? Je vais me battre pour y arriver.

Il doit ensuite se rendre dans une ville symbolique, Villiers-le-Bel, là où des émeutes urbaines avaient secoué le pays en 2007.

Le maire PS de la commune, Jean-Louis Marsac, l'attend de pied ferme (au micro de Julie Pietri)

Reste à convaincre aussi le reste de la classe politique, particulièrement sceptique après l'annonce du fameux "retournement". Pour le leader de l'UMP Jean-François Copé, le président "vient tous les mois à la télévision pour dire aux Français : ne vous inquiétez pas, cela va s'arranger", sans aucun résultat visible selon lui. Un scepticisme qui touche aussi les députés PS, dont certains prennent de plus en plus de distance avec ce président bien encombrant.

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