En plaçant son ministre à l'Assemblée, Emmanuel Macron peut s'appuyer sur un homme de confiance pour encadrer des novices, tout en déplaçant le problème Richard Ferrand.

A l'Assemblée, Richard Ferrand pourrait prendre la tête du groupe de la République en marche.
A l'Assemblée, Richard Ferrand pourrait prendre la tête du groupe de la République en marche. © AFP / FRED TANNEAU

Comme le veut la tradition après les élections législatives, le premier ministre Edouard Philippe a donné hier la démission de son gouvernement. Une démission de courtoisie, puisque le président de la République l'a aussitôt reconduit à Matignon et chargé de former un nouveau gouvernement qui sera annoncé selon le communiqué de l'Élysée avant demain 18 heures.

Une chose est sûre, Richard Ferrand ne fera plus partie de ce gouvernement. Le ministre de la Cohésion des territoires, visé par une enquête préliminaire, va prendre les rênes du groupe majoritaire à l'Assemblée. Du moins, c'est ce qu'espère Emmanuel Macron, mais ce sont les députés nouvellement élus qui décideront.

Une promotion ? Au premier abord, cela y ressemble. Mais la réalité est plus nuancée.

Mitterrand et Joxe inspirent Emmanuel Macron

Pour Emmanuel Macron, placer Richard Ferrand à la tête du groupe de la République en marche vient du précédent Pierre Joxe. Ministre de l’Industrie depuis seulement un mois, Joxe s’était vu confier, à la demande expresse de François Mitterrand, la présidence du groupe socialiste en 1981. Un groupe composé de novices au parlement, un peu comme aujourd’hui.

"Le président veut un homme de confiance" confie une proche conseillère. Mais la présidence du groupe n'a rien d'une promotion, juge un fin connaisseur du parlement, qui y voit plutôt "un déclassement, sinon il l’aurait fait élire à la présidence de l'Assemblée."

Pas de "perchoir" donc pour Richard Ferrand mais une porte de sortie honorable. Même s'il ne l'avouera jamais, Emmanuel Macron tente de déplacer le problème du député de Bretagne. Si Richard Ferrand est mis en examen, il vaut mieux l’avoir en dehors du gouvernement, explique un proche du chef de l’État.

Certains font surtout noter qu’en siégeant sur les bancs de l'Assemblée, Richard Ferrand bénéficiera de l’immunité parlementaire : aucune mesure coercitive ni garde à vue ou mandat d’amener ne peut être prise par un juge, sans que le bureau de l'Assemblée ne décide au préalable d'une levée de cette immunité.

Un argument balayé par le principal intéressé ce mardi matin, qui assure sur RTL qu'il n'est "pas question d'immunité" si la justice demande à l'entendre.

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