[scald=92661:sdl_editor_representation]PARIS (Reuters) - Les principales formations politiques françaises ont rejeté lundi l'idée d'une concertation, avancée par le centriste François Bayrou, dans l'hypothèse où Marine Le Pen n'obtiendrait pas les 500 parrainages nécessaires pour se présenter à l'élection présidentielle.

Le président du Mouvement Démocrate a estimé dimanche soir sur France 2 que les responsables des grands courants démocratiques français devraient "discuter" de la situation créée par l'éventuelle disqualification de la présidente du Front national, qui affirme peiner à collecter les 500 signatures d'élus nécessaires à sa candidature.

Sur RTL, lundi matin, le candidat centriste a jugé que son absence jetterait "un trouble" sur le scrutin.

"Il est impossible qu'une formation politique, seule, comme la mienne, dise 'Ecoutez, on va faire ce qu'il faut', parce que ça ferait manoeuvre", a-t-il expliqué.

"Je ne le ferai pas. En revanche, en parler avec les autres responsables politiques, pour que le pluralisme ait droit de cité en France, je suis prêt à le faire s'ils y sont prêts, ce dont je ne suis pas certain", a ajouté François Bayrou.

Pour Manuel Valls, directeur de la communication de François Hollande, la réponse est "Non".

"ARRIÈRE-BOUTIQUE"

"Vous vous rendez compte, les responsables politiques - alors que l'élection présidentielle, c'est la rencontre d'un homme, d'une femme, d'un candidat avec les peuples - se réunissant dans une arrière-boutique pour répartir des signatures? 'Et moi je te donne tel département, et moi je te donne tel maire'?", a lancé le député-maire socialiste d'Evry (Essonne) sur Europe 1.

"Mais enfin, qu'est-ce que ça veut dire? Il y a une loi qui prévoit 500 signatures de maires pour les candidats. C'est quand même étrange de la part de François Bayrou qui en appelle aux institutions de la Ve République, et qui là nous fait une proposition de réunir les partis comme sous la IVe pour régler les problèmes", a-t-il ajouté.

Le ministre UMP du Travail, Xavier Bertrand, a lui aussi écarté l'idée d'une telle "discussion".

"Je suis maire de Saint-Quentin. Ma signature ira à Nicolas Sarkozy et à personne d'autre. En revanche, je préfère très clairement affronter les idées du Front national, comme de l'extrême gauche, dans une élection", a-t-il commenté sur i> Télé.

Dominique Voynet, porte-parole de la candidate écologiste Eva Joly, a elle aussi rejeté la proposition de François Bayrou.

"L'exercice est toujours difficile. Il faut le prendre au sérieux, aller à la recherche des signatures. Sans doute Marine Le Pen a-t-elle sous-estimé cette difficulté", a-t-elle déclaré sur Europe 1.

Mais pour l'ancienne candidate à l'élection présidentielle, il n'y a pas de doute sur la candidature de Marine Le Pen : "Elle le sera".

"On joue avec cette idée depuis des années et des années. A chaque échéance, l'extrême droite joue avec cette menace pour occuper le terrain. Je pense qu'elle ferait mieux de se débattre sur le terrain des idées et des propositions concrètes pour sortir de la crise", a dit le maire de Montreuil.

Sophie Louet

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