cécile duflot marque sa différence avec manuel valls
cécile duflot marque sa différence avec manuel valls © reuters

François Hollande a tenté d'éteindre la polémique entre le ministre de l'Intérieur et les écologistes. Il a affirmé en Conseil des ministres qu'il n'y avait pas de débat sur la politique migratoire en France.

Manuel Valls a réfuté pour sa part toute intention de remettre en cause le regroupement familial, affirmant que ses propos tenus lundi lors du séminaire de rentrée du gouvernement puis à nouveau mardi sur RMC et BFMTV avaient été déformés. Le ministre de l'Intérieur garde la confiance du chef de l'Etat, pour qui "il n'est pas question d'ouvrir ce débat maintenant, dans ces conditions-là", dit l'Elysée.

Ses interventions avaient été vivement dénoncées par des responsables socialistes et les deux ministres écologistes du gouvernement, Cécile Duflot et Pascal Canfin . Lors du compte rendu du conseil des ministres, la porte-parole du gouvernement a d'abord laissé entendre que François Hollande n'avait "pas évoqué le débat autour du regroupement familial" avant d'admettre qu'il avait bien pris la parole sur ce thème . Najat Vallad-Belkacem s'est exprimé à la sortie du Conseil des ministres :

Le président de la République a estimé que la politique migratoire ou le regroupement familial ne faisaient pas partie des débats de cette rentrée, de cet automne qui sera particulièrement chargé par ailleurs en terme de réformes.

En déplacement à Aurillac, Manuel Valls a tenté de s'expliquer :

Je ne me sens ni mis en cause, ni recadré. Je me sens engagé surtout et avec la confiance du président de la République et du Premier ministre, sinon, je ne serais pas devant vous. Le débat doit être apaisé, il ne s'agit pas de remettre en cause le regroupement familial, on déforme mes propos. Je sais que je gêne àdroite et parfois à gauche.

Le reportage à Aurillac de Cyril Graziani

Mercredi matin, Cécile Duflot et Pascal Canfin ont sévèrement jugé le ministre le plus populaire du gouvernement , très présent cet été sur la scène médiatique. La minsitre du logement a déclaré dans Libération :

Quand j'ai un désaccord majeur avec un membre de la majorité, je n'hésite pas à le dire.

Sur la réforme pénale, qui a opposé Manuel Valls à Christiane Taubira, elle se place fermement du côté de la ministre de la Justice :

En matière de justice, il n'y a qu'une ligne de gauche. Elle est très bien portée par Christiane Taubira.

Sur le regroupement familial, Cécile Duflot est tout aussi claire : "Je crois que la question ne se pose même pas", dit-elle. "Le droit à vivre en famille ne souffre pas d'exception. Il est garanti par l'article 8 de la convention européenne des droits de l'homme".

Pascal Canfin, ministre délégué au Développement, attaque Manuel Valls de manière plus frontale encore , estimant qu'une éventuelle accession du ministre de l'Intérieur au poste de Premier ministre remettrait en cause la participation des ministres écologistes au gouvernement :

J'ai été surpris par la sortie de Manuel Valls sur la politique migratoire lundi lors du séminaire de rentrée. Pour quelqu'un qui veut incarner l'ordre, c'est lui qui déclenche le désordre. Sincèrement, je ne vois pas comment, si Manuel Valls était Premier ministre, nous pourrions participer au gouvernement.

A la veille de l'ouverture des journées d'été des écologistes à Marseille, le secrétaire national d'EELV, Pascal Durand, a qualifié de "pêche à la notoriété" les récentes déclarations du ministre qui relèvent, selon lui, d'un "discours populiste et démagogique".

"Son discours tend dangereusement à se rapprocher des thèses sécuritaires que portent certains syndicats de police. Ce qu'il dit sur les peines planchers, c'est quasiment ce que disait Rachida Dati. On voit bien qu'il y a une espèce de continuité, je ne dirais pas une filiation", a-t-il dit à la presse

La pertinence d'un débat sur le regroupement familial a été contestée notamment par la ministre des Affaires sociales, Marisol Touraine, mais aussi par le député PS Razzy Hammadi, le Parti communiste et un ancien président de SOS-racisme.

Face à ces dissonances, Najat Vallaud-Belkacem a rappelé le principe de "solidarité" gouvernementale, déplorant "un feuilleton médiatique qui ne correspond pas à la réalité des opinions des uns et des autres".

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