Nadine Morano en juillet 2015
Nadine Morano en juillet 2015 © MaxPPP / NCY

Les propos polémiques de l'eurodéputée républicaine samedi à la télévision ont choqué jusque dans son camp politique : ses colistiers et même Nicolas Sarkozy souhaitent lui retirer l'investiture pour les régionales dans le Grand-Est.

Nadine Morano l'affirmait encore ce matin : il n'était pas question pour elle de retirer sa candidature aux régionales en Meurthe-et-Moselle. Mais la tête de liste du parti dans le Grand-Est ne voit pas les choses de la même façon : comme de nombreux autres dirigeants des Républicains (Alain Juppé et Nicolas Sarkozy en tête), Philippe Richert a été scandalisé par les propos de Nadine Morano qui évoquait "la France, un pays de race blanche" . Il a donc demandé aux instances nationales d'en tirer les conséquences en lui retirant son investiture.

Le président du parti lui-même a donné suite à cette demande, en saisissant les instances nationales. Nicolas Sarkozy "propose de retirer l'investiture en Meurthe-et-Moselle à Nadine Morano", et ce, "à la demande des candidats républiccains de la région" . Dans un communiqué, l'ex-chef d'État condamne fermement la sortie de son ancienne ministre... Principalement parce qu'elle met son parti en difficulté.

Ses derniers propos ne correspondent ni à la réalité de ce qu'est la France ni aux valeurs défendues par les Républicains . Que tous ceux qui cherchent par leur déclaration à s'assurer une publicité qui nuit à la crédibilité des Républicains comprennent que cela ne peut pas rester sans conséquence .

Un point de vue que partage (c'est assez rare pour le souligner) le Premier ministre Manuel Valls, qui s'est félicité lors des questions au gouvernement de l'éviction à venir de l'eurodéputée de droite. "Il ne faut plus accepter les dérapages que nous connaissons dans le débat public. Il y a aujourd'hui dans notre pays une course effrayante, une surenchère à l'extrême-droite ."

Les propos de Nadine Morano lui ont valu des condamnations unanimes à droite comme à gauche, même si elle affirme de son côté avoir reçu le soutien de "beaucoup de parlementaires". Elle dénonce un acharnement venu des autres candidats à la future primaire : "Les candidats et leurs snipers, leurs porte-flingues, sont de sortie pour instrumentaliser mes propos.Il faut dézinguer les petits concurrents ".

Un acharnement qui lui a notamment valu le soutien public d'une autre personnalité politique ennemie de la langue de bois :un certain Jean-Marie Le Pen.

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