"Je ne lancerai pas cette réforme tant que l’épidémie ne sera pas sous contrôle et la reprise bien assurée" a expliqué le chef de l'État, estimant toutefois que "parce que nous vivons plus longtemps, il nous faudra travailler plus longtemps et partir à la retraite plus tard".

La réforme des retraites est devenue un repoussoir pour la plupart des partenaires sociaux (ici sortant de l'Élysée)
La réforme des retraites est devenue un repoussoir pour la plupart des partenaires sociaux (ici sortant de l'Élysée) © AFP / Jacopo Landi / Hans Lucas

"Nous devrons engager la réforme des retraites dès que les conditions sanitaires seront réunies", a déclaré lundi le chef de l'État, Emmanuel Macron, lors d’une allocution dans laquelle il a annoncé l'extension du pass sanitaire et la vaccination obligatoire pour les soignants. Une manière de repousser la question au prochain quinquennat, tout en assurant que "parce que nous vivons plus longtemps, il nous faudra travailler plus longtemps et partir à la retraite plus tard", a ajouté le président de la République, "préconisant la suppressions des régimes spéciaux pour les nouveaux entrants".

Jugeant le système de retraite français "injuste", Emmanuel Macron estime qu'avec "quarante-deux régimes différents, il entretient des inégalités majeures et il faudra aller vers plus de simplicité pour plus de justice". Des changements qui devront être réalisés progressivement :

"Pas demain, pas brutalement, pas de manière uniforme, car il faut prendre en compte la difficulté des métiers. Mais, progressivement, sur plusieurs années et par un système qui fait la différence selon le travail réellement exercé."

Plus de 1 000 euros pour une carrière complète

"Une vie de travail doit offrir une pension digne et donc toute retraite pour une carrière complète devra être supérieure à 1 000 euros par mois", a estimé le chef de l'État, jugeant que cette réforme allait "protéger les retraites actuelles et celles de nos enfants sans augmenter les impôts".

"Faut-il faire cette réforme dès ce mois de juillet, à la rentrée ou bien plus tard ?", s'est interrogé Emmanuel Macron. "Si je demande au gouvernement de Jean Castex de travailler avec les partenaires sociaux sur ce sujet dès la rentrée, je ne lancerai pas cette réforme tant que l’épidémie ne sera pas sous contrôle et la reprise bien assurée", a-t-il précisé.

Le président de la République a également assuré que la réforme de l'assurance-chômage serait "pleinement mise en œuvre" le 1er octobre, alors même qu'elle a été en partie suspendue par le Conseil d'État. "On doit toujours bien mieux gagner sa vie en travaillant qu’en restant chez soi, ce qui n’est actuellement pas toujours le cas", assure-t-il. 

6% de croissance en 2021

Emmanuel Macron a aussi déclaré que le gouvernement prévoyait que la croissance devrait s'établir à 6% en 2021 en France, "en tête des économies européennes" pour rebondir après la crise du Covid-19. Il a annoncé "un plan d'investissement" à la rentrée pour "bâtir la France de 2030" et "faire émerger dans notre pays et en Europe les champions de demain"

Il a enfin précisé la création, à la rentrée, d'un "revenu d'engagement" pour les jeunes sans emploi ou sans formation, particulièrement touchés par la crise sanitaire, suivant une "logique de devoirs et de droits". Le chef de l'État a promis aussi "une meilleure prise en charge" pour les aînés et personnes en situation de handicap.