Édouard Philippe présente ce lundi la méthode et le calendrier de la réforme du secteur ferroviaire. Les présidents de région et les élus des territoires concernés sont déjà mobilisés auprès du gouvernement.

Les élus de région refusent que l'État se désengage de l'entretien des lignes les moins rentables
Les élus de région refusent que l'État se désengage de l'entretien des lignes les moins rentables © Maxppp / Sébastien Jarry

La réforme que le premier ministre doit présenter n'est pas sans créer des inquiétudes après la publication du rapport Spinetta, le 15 février dernier, qui doit servir de base à la réflexion du gouvernement.

Parmi les pistes à l'étude : la fin du statut de cheminot à l'embauche, mais aussi examiner la pertinence des milliers de kilomètres de lignes peu utilisées et la fermeture potentielle de 9 000 kilomètres de lignes secondaires. L'État pourrait laisser aux collectivités la responsabilité de financer ou de fermer les lignes insuffisamment fréquentées. 

Les présidents de région et les élus des territoires concernés sont déjà mobilisés auprès du gouvernement

À Périgueux le maire Antoine Audi appelle le gouvernement au maintien de la cohésion des territoires : "On se bat dans nos territoires pour attirer des entreprises et la question est  toujours 'Comment va-t-on chez vous ? Quel est votre degré d'enclavement ou de désenclavement ?' Parce que quand vous supprimez une ligne de chemin de fer, derrière il y a un enjeu économique de survie de nos territoires. Depuis Paris, le gouvernement ne peut pas générer et accentuer cette impression, que les citoyens ont, d'être dans une France à deux vitesse."

Le gouvernement a promis d'examiner au cas par cas l'avenir de chaque ligne déficitaire avec les régions

Les régions devront-elles assumer seules la totalité de cette charge, ou bien décider de fermer les lignes de trains régionaux faute de financement ? Un chantage que refuse Hervé Morin, le président de l'association Régions de France : "L'État devra payer une partie de la rénovation de ces lignes dès lors qu'elles seront conservées. Ce n'est pas acceptable que d'un côté on ait un président de la République qui explique : 'on ne sait plus quoi faire de ce réseau que nous n'avons pas entretenu depuis 20 ou 30 ans, vous allez prendre la responsabilité politique de les fermes ou sinon c'est vous qui allez payer'. Ce n'est pas acceptable un seul instant." 

Des régions qui souhaitent faire jouer l'ouverture à la concurrence fin 2 023 pour les TER, dans l'espoir d'alléger leur addition.

Le réseau ferroviaire français
Le réseau ferroviaire français © Visactu
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