LREM lance une cellule spécialement dédiée à lutter contre le parti de Marine le Pen lors des prochaines échéances électorales.

La députée LREM nîmoise, Françoise Dumas, est chargée de piloter cette "task force" contre le Rassemblement National, aux côtés d'Anne-Laure Cattelot, élue du Nord.
La députée LREM nîmoise, Françoise Dumas, est chargée de piloter cette "task force" contre le Rassemblement National, aux côtés d'Anne-Laure Cattelot, élue du Nord. © Maxppp / Thomas Padilla

La "task force", ou cellule anti-RN, se met en ordre de marche mercredi, pilotée par un binôme de députées : l'élue du Sud, Françoise Dumas, et son homologue du Nord, Anne-Laure Cattelot. Leur mission : mettre en oeuvre "une stratégie sur tous les territoires où le Rassemblement National pourrait l'emporter" afin de l'en "empêcher", annonce le nouveau délégué général du parti présidentiel, Stanislas Guerini, dans une conférence de presse du 24 janvier.

Lutter contre les "fake news"

"Je suis élue d'un territoire où le Front National est installé depuis longtemps", explique Françoise Dumas. Pour la députée du Gard, il ne s'agit pas d'"être uniquement dans la stigmatisation et les jugements de valeurs" des électeurs du RN. Il faut plutôt "apporter des réponses concrètes" pour "combattre la crainte du déclassement" qui nourrit, selon elle, l'adhésion à "des positions simplistes". Objectif : "Démonter les arguments" de l'ex-Front National, notamment en se basant "sur les bilans de certains élus".

Les "fausses informations" sont présentées comme les cibles principales de cette croisade contre l'argumentaire du RN, notamment sur les réseaux sociaux. "Nous voyons Marine Le Pen instiller un poison lent dans les veines de la démocratie française", défend Stanislas Guerini qui souhaite "mobiliser les adhérents" de LREM pour riposter "pied à pied" aux arguments du RN.

Une nouvelle "tournée anti-Le Pen" ?

"Parti du mensonge" et de l'"imposture", "bilan nul"… L'ancien élu parisien n'y est pas allé avec le dos de la cuillère pour s'attaquer au parti qu'il érige ainsi au rang de principal adversaire pour les prochaines investitures, en particulier l'élection européenne du 24 mai. L'élection est alors présentée comme un match "Macron vs Le Pen" où l'enjeu serait un choix entre "le délitement" et "la refondation de l'Union européenne"

Une "campagne offensive" qui rappelle la "tournée anti-FN" menée par Manuel Valls, alors ministre de l'Intérieur, lors des élections municipales de 2014. "Par expérience, on sait que ça peut faire flop", concède Philippe Gosselin, député Les Républicains de La Manche. Le député de RN, Sébastien Chenu, s'empare immédiatement de l'analogie, ironisant sur une "cellule anti-FN" qui avait déjà eu "beaucoup de succès" à l'époque, "puisque nous avons continué à augmenter", se réjouit-il. L'élu du Nord dit attendre "avec gourmandise" de voir "les candidats socialistes, communistes et républicains estampillés En Marche (...) agir comme des épouvantails".

Pour barrer la route au parti de Marine Le Pen, LREM envisage en effet de se rapprocher d'autres formations politiques, notamment "des maires de différentes sensibilités", suggère Stanislas Guerini, se projetant déjà vers les élections municipales qui auront lieu en 2020.

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.