Ce jeudi, Richard Ferrand, secrétaire général du mouvement lancé par Emmanuel Macron a présenté une partie des candidats aux législatives. 52% sont issus de la société civile.

Richard Ferrand, secrétaire général de La République En Marche présente les candidats aux législatives.
Richard Ferrand, secrétaire général de La République En Marche présente les candidats aux législatives. © AFP / ERIC FEFERBERG

À une semaine de la fin du dépôt légal des candidatures en préfecture pour les élections législatives des 11 et 18 juin, la liste d'une partie des candidats qui se vont se présenter sous la bannière de La République En Marche vient d'être dévoilée.

Richard Ferrand, le secrétaire général du mouvement lancé par Emmanuel Macron en avril 2016, tenait une conférence de presse ce jeudi 11 mai.

428 candidats

La liste comporte 428 noms ; ceux manquants pour arriver à 577 seront présentés d'ici mercredi prochain.

La commission d'investiture a eu du pain sur la planche : plus de 19 000 dossiers ont été déposés sur la plateforme officielle (où un CV, une lettre de motivation, une photo notamment étaient requis). Soient, en moyenne, 33 candidatures par circonscription ; majoritairement masculines (71% des dossiers).

"1700 entretiens téléphoniques ou physiques ont été conduits par dix salariés et bénévoles", explique Richard Ferrand. Cinq critères leur ont permis de faire leur choix : le renouvellement, la parité réelle, la probité, le pluralisme politique et la cohérence."

Plus de la moitié des candidats issus de la société civile

Le secrétaire général l'affirme : 52 % des candidats sont issus de la société civile ; ils n'ont jamais exercé de mandat électif et n'exercent pas de mandat politique.

Et 95% des candidats ne sont pas des députés sortants.

Exemples : le mathématicien Cédric Villani ou la torera Marie Sara.

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Une parité respectée

Comme cela avait été promis, la parité entre les hommes et les femmes est respectée. 214 candidats sont des femmes, 214 sont des hommes. "Le respect de la parité est aussi valable si l'on regarde les circonscriptions estimées favorables au regard des résultats d'Emmanuel Macron aux deux tours", ajoute Richard Ferrand.

Tous se sont engagés à n'avoir aucun casier judiciaire.

93% d'actifs qui ont en moyenne 46 ans

Sur les 428 candidats, la très grande majorité travaille. "L'âge moyen est de 46 ans, contre 60 ans en moyenne pour les députés sortants"', assure Richard Ferrand.

Profil des 428 candidats investis par La République En Marche.
Profil des 428 candidats investis par La République En Marche. © Visactu

Manuel Valls n'est pas investi... mais n'a pas de candidat face à lui

Quant à Manuel Valls, il n'a pas reçu l'investiture pour les législatives de La République En Marche.
La raison? "Il ne remplit pas tous les critères définis par le mouvement car il a déjà fait trois mandats parlementaires", explique Richard Ferrand. Mais le parti du nouveau chef de l'État ne présentera pas de candidat contre l'ancien Premier ministre.

Au moment où nous rassemblons, nous estimons qu'on ne claque pas la porte au nez à un ancien Premier ministre qui veut nous rejoindre et être utile. - Richard Ferrand

Manuel Valls salue ce jeudi soir cette décision. Il dit agir "en homme libre" et appelle au rassemblement autour de sa candidature "des réformistes, progressistes, républicains et démocrates."

Aucun candidat LR investi

24 parlementaires PSsont investis par La République en marche. Plusieurs socialistes n'ont pas été retenus ; "je ne vous dirai pas lesquels, et ils sont nombreux", assure R. Ferrand.

Aucun candidat Les Républicains en revanche n'a été investi. Mais pour l'instant il n'y a pas de candidats du parti d'Emmanuel Macron dans les circonscriptions de Bruno Le Maire, Edouard Philippe ou Nathalie Kosciusko-Morizet ; ce qui interroge sur d'éventuels ralliements ou accords.

Quant à Xavier Bertrand, il dit avoir été approché par les équipes d'Emmanuel Macron et cité pour Matignon, mais avoir décliné.

Quelques noms attendus...

Christophe Castaner, député sortant et bras droit d'Emmanuel Macron se représente dans sa circonscription, la deuxième des Alpes de Haute Provence. L'ancien juge anti-corruption Eric Halphen est lui investi lui dans le Calvados.

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... des surprises

Parmi les investitures surprises, celle de Gaspard Gantzer en Ile et Vilaine, ex conseiller presse de de François Hollande et porte-parole de Bertrand Delanoë, maire de Paris, entre 2012 et 2013.

... et plusieurs couacs

Mais plusieurs candidatures ont rapidement été démenties.

Ainsi, Mourad Boudjellal qui est dans la liste officiellement présentée, apparaît comme le candidat de la première circonscription du Var. Sauf que le président du RC Toulon, âgé de 56 ans, bien que s'étant affiché en fin de campagne aux côtés d'Emmanuel Macron, dément ce jeudi soir une candidature auprès du quotidien Var Matin. "Ce n'est pas mon ambition", dit-il.

Autre couac : Stéphane Saint-André, député (PRG) sortant du Pas-de-Calais refuse l'investiture.

François Pupponi, député-maire PS de Sarcelles et proche de Dominique Strauss-Khan, dément de son côté avoir adhéré au parti d'Emmanuel Macron ou demandé l'investiture dans la huitième circonscription du Val d'Oise. "Je serai bien le candidat du Parti socialiste", écrit-il.

Enfin, Augustin Augier, pressenti dans la 9e circonscription des Français de l'étranger, membre fondateur d'ALIMA, une ONG médicale, fils de la vice-présidente du Modem Marielle de Sarnez, dément lui aussi toute candidature.

La République En Marche précise à l'AFP avoir "commis une erreur sur trois ou quatre noms", parfois à cause "de mauvais copié-collé".

19h30 : un nouveau problème surgit, cette fois avec le Modem

"La liste de candidats publiée par En Marche! n'a pas "l'assentiment" du MoDem". Voila le communiqué confié par le mouvement centriste à l'AFP. Suivi des précisions, quelques minutes, après : François Bayrou en appelle à Emmanuel Macron pour "permettre des investitures communes". Les copier-coller ne peut pas être évoqué cette fois-ci. François Bayrou annonce avoir convoqué le bureau politique du MoDem dès demain "en souhaitant que dans les heures qui viennent, un mouvement de raison permette des investitures communes dans toutes les circonscriptions comme Emmanuel Macron et moi en sommes convenus depuis le premier jour de notre entente», a déclaré à le maire de Pau à l'Agence France Presse".

En fait, il n'y a pas de problèmes, a expliqué Richard Ferrand, sur France 2 jeudi soir. "Pas de calcul d’apothicairesur les circonscriptions" . Selon le secrétaire général d'REM c'est "le meilleur candidat" qui est retenu à chaque fois. La solution devrait peut-être se trouver dans les 148 autres circonscriptions toujours vacantes...
Richard Ferrand

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