[scald=104441:sdl_editor_representation]PARIS (Reuters) - Les patrons français dénoncent la surenchère fiscale "effrayante" à laquelle se livrent selon eux les candidats dans la campagne présidentielle et demandent qu'on cesse de les traiter en boucs émissaires pour régler les vrais problèmes.

Les projets de Nicolas Sarkozy de taxer les "exilés" fiscaux et de surtaxer les grandes entreprises ont accru la grogne qu'avait déclenché chez ces dirigeants la proposition de François Hollande de créer une tranche d'imposition à 75% pour les revenus au-delà d'un million d'euros.

"Nous écoutons une surenchère tous les jours (...) c'est absolument effrayant pour les entrepreneurs", a déploré jeudi Pierre Gattaz, président du Groupe des fédérations industrielles.

"Cette surenchère, ce feu d'artifice fiscal inquiète", a-t-il dit lors d'une conférence de presse. "Aucun des candidats ne parle de réduction des déficits, ils parlent tous d'impôts, de taxes (...). C'est la façon lâche de régler le problème."

Nicolas Sarkozy et François Hollande se sont engagés à réduire le déficit public de la France à 4,5% du produit intérieur brut fin 2012 et 3% fin 2013 mais ils sont bien plus diserts sur les impôts que sur la maîtrise des dépenses.

"Les chefs d'entreprise aujourd'hui vivent très mal ce tir aux pigeons", explique Sophie de Menthon, présidente d'Ethic, dans un communiqué.

Ce groupe de chefs d'entreprise dénonce "cette course aux voix qui pousse les deux principaux candidats à surenchérir sur le dos de boucs émissaires bien ciblés : les patrons et les riches ou bien les patrons riches !".

DES MILLIARDS EN JEU ?

La présidente du Medef, Laurence Parisot, juge dans un entretien aux Echos cette semaine que l'impôt supplémentaire proposé par Nicolas Sarkozy sur une centaine de grandes entreprises "pénaliserait la compétitivité".

Quant à la nouvelle tranche d'imposition à 75%, ce serait "inefficace et dangereux", estime la responsable patronale.

Selon Nicolas Sarkozy, la surtaxe d'une centaine d'entreprises doit rapporter deux à trois milliards d'euros, bien que ni son taux ni son assiette ne soient arrêtés.

"Le taux n'a pas encore été fixé", a expliqué le ministre des Finances, François Baroin, vendredi dernier. Quant à l'assiette, "on pourra prendre en compte le chiffre d'affaires plus que le résultat. Le chiffre d'affaires mondial."

L'imposition des "exilés" fiscaux pourrait elle rapporter 500 millions d'euros par an, selon Nicolas Sarkozy, même si les fiscalistes voient dans cette idée un "effet d'annonce" avant la présidentielle.

Le candidat socialiste François Hollande a pour sa part expliqué que la tranche à 75% était avant tout une mesure de cohésion sociale.

Jean-Baptiste Vey, avec Leigh Thomas, édité par Yves Clarisse

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