La manifestation, ultime façon de se faire entendre
La manifestation, ultime façon de se faire entendre © MaxPPP

Deux nouvelles journées de manifestations contre la loi Travail sont organisées ce mardi et ce jeudi, et des préavis de grève reconductibles ont été déposés. Avec des actions diverses dans des secteurs stratégiques, les syndicats comptent sur cette convergence des luttes pour donner un nouveau souffle au mouvement contre la loi travail.

La revendication de l’intersyndicale (CGT, FO, FSU, Solidaires, Unef, UNL et Fidl) est toujours la même : retrait du texte de la ministre du Travail Myriam El Khomri, jugé trop favorable aux entreprises et pas assez protecteur pour les salariés. Et les syndicats sont très remontés après son adoption sans vote à l’Assemblée nationale, jeudi, suite à l’utilisation de l’article 49-3 de la Constitution. Mais face à des cortèges moins fournis et plus violents, la CGT et FO ont cherché de nouveaux modes d’action.

Les routiers lancent la marche …

Les routiers s’inquiètent des libertés que pourrait autoriser la mise en application du projet de loi El Khomri, car un chauffeur de poids lourds touche une grosse partie de son salaire en heures supplémentaires. Ces heures, majorées pour l’instant de 25%, pourraient passer à 10% selon les employeurs. A compter de ce lundi 22h, des barrages filtrants sont installés dans le Nord, autour de Caen, Nantes, Marseille et Bordeaux.

En plus des routes, les ports du Havre et de Saint-Nazaire sont aussi bloqués par les dockers à partir de 5h ce mardi.

Les sites pétroliers sont également visés. La CGT menace de paralyser les raffineries, comme celle de Donges (groupe Total) en Loire-Atlantique, et les approvisionnements des stations-services.

… suivis de près par les transports publics

Dans les transports en commun, les premières perturbations commencent à la RATP (à partir de 22h30 ce lundi) : le métro parisien fonctionne au ralenti.

Dans la foulée, les cheminots de la SNCF ont déposé un préavis de grève pour ce mercredi et ce jeudi. Il s’agit de protester contre la loi Travail, mais et surtout, en fait, de peser dans les négociations en cours sur leurs conditions de travail, dans le cadre de la réforme ferroviaire.

Les explications de Manuel Ruffez, du service économique et social de France Inter.

Ce mardi, les personnels de Paris Aéroports sont également appelés à débrayer, et ce jeudi, les contrôleurs aériens prendront part au mouvement social.

Et les cortèges en soutien

Les opposants au projet de loi Travail battent à nouveau le pavé ce mardi dans plusieurs villes, comme Nantes, Strasbourg, Bordeaux, Caen, etc. A Paris, les manifestants se retrouvent à 14h sur la place de l’Ecole militaire. Ils défileront jusqu’à Sèvres-Babylone, près du Sénat, où la ministre du Travail Myriam El Khomri doit être auditionnée par la commission des Affaires Sociales. D’autres manifestations seront organisées ce jeudi.

Après un passage sans vote à l’Assemblée Nationale, le texte doit être débattu du 13 au 24 juin au Sénat pour un vote solennel prévu le 28. Le projet de loi fera ensuite une dernière navette parlementaire, avant une adoption définitive programmée fin juillet.

Infographie grève 17 mai
Infographie grève 17 mai © Radio France
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