Le ministre de la Transition écologique, accusé d'avoir organisé des repas fastueux aux frais de l'Etat, a limogé sa directrice de cabinet, soupçonnée quant à elle de bénéficier d'un logement social indû.

François de Rugy dans la tourmente pour des repas fastueux lorsqu'il était Président de l'Assemblée nationale
François de Rugy dans la tourmente pour des repas fastueux lorsqu'il était Président de l'Assemblée nationale © AFP / JACQUES DEMARTHON

Le ministre de la Transition écologique et solidaire François de Rugy a demandé mercredi soir à sa directrice de cabinet Nicole Klein de démissionner de ses fonctions après d'autres révélations de Mediapart, sur un logement social qu'elle a conservé pendant plusieurs années sans l'occuper. Cette démission est annoncée jeudi par l'hebdomadaire Le Point sur son site

Ce départ de l'ancienne préfète est effectif ce jeudi, précise-t-il. Selon un article de Mediapart mercredi soir, Nicole Klein dispose d'un logement HLM à Paris depuis 2001 et l'a conservé entre 2006 et 2018 alors qu'elle n'habitait plus la capitale. Elle a assuré au site d'information qu'il s'agissait de sa "résidence principale" et de son "domicile fiscal".

La fronde de députés En Marche

Alors que François de Rugy est mis en cause par Mediapart pour des dîners fastueux donnés entre 2017 et 2018 auxquels il invitait ses amis alors qu'il était président de l'Assemblée nationale, des députés marcheurs furieux contre le ministre veulent prendre une mesure disciplinaire contre le numéro 2 du gouvernement, a appris franceinfo ce jeudi. 

Ils pourraient convoquer François de Rugy devant le bureau de l'Assemblée nationale ou devant la conférence des présidents. 

"Il y a des règles, un déontologue", dit le députée de Paris Sylvain Maillard.

Le ministre devra rembourser si ce sont des dépenses personnelles.

Mediapart a révélé avoir recensé entre octobre 2017 et juin 2018 une dizaine de ces dîners qui mobilisaient à chaque fois le personnel de la résidence du président de l'Assemblée. A table, homards, champagne et grands crus issus des caves de l'Assemblée nationale étaient servis à dix à trente invités appartenant pour l'essentiel au cercle relationnel et amical de l'épouse de M. de Rugy, Séverine de Rugy, journaliste au magazine Gala.

Le ministre se défend

S'exprimant sur France Inter mercredi, François de Rugy avait qualifié de "grotesque" sa mise en cause par Mediapart. Mis en cause pour l'organisation de réceptions fastueuses à l'Hôtel de Lassay alors qu'il présidait l'Assemblée nationale, François de Rugy a publié dans la nuit de mercredi à jeudi sur son compte Facebook "l'intégralité des éléments de réponse" apportés à Mediapart.  

Les questions portaient sur des dîners effectués à la présidence de l'Assemblée nationale ainsi que sur des travaux de rénovation et d'aménagement réalisés dans l'appartement de fonction que j'occupe au ministère.

Il reste donc droit dans ses bottes et la porte-parole du gouvernement Sibeth Ndiaye a assuré mercredi que le ministre conservait "bien évidemment la confiance" du Président et du Premier ministre. 

Pourtant, ses collègues ont trouvé François de Rugy anxieux, mercredi midi, à la table du conseil des ministres. 

Le ministre de la Transition écologique a même reçu, de la part des deux têtes de l'exécutif, des SMS de soutien. Un conseiller plaisante : 

La priorité est à l'écologie, pas au recyclage des ministres !

Et un ministre de soupirer :

Bien sûr qu'il a fait preuve de maladresse. Pas une affaire d'Etat... Juste un nouveau petit Benalla d'été, les gilets jaunes vont adorer.

Emmanuel Macron ne le lâche pas 

Mais ces dîners sont-ils répréhensibles par la loi ? Qu'est-ce qu'un dîner formel ou informel ? Edouard Philippe a fait passer le message à ses équipes :  

"Il faut être carré dans la vie, des règles ont-elles été enfreintes ? La réponse est non". Emmanuel Macron, lui-même, quand il était ministre à Bercy, faisait jusqu'à deux dîners par soir, pour étoffer son réseau. Un président bienveillant avec les ministres les plus exposés : avec François de Rugy, donc, pièce maîtresse du virage écologique. Avec Agnès Buzyn, confortée dans son combat pour dérembourser l'homéopathie. Et avec Jean-Michel Blanquer, enfin, félicité pour sa fermeté face aux correcteurs grévistes du bac. Emmanuel Macron soigne son équipe, il n'a pas besoin de fusibles, mais de soldats pour son acte II.

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