[scald=104063:sdl_editor_representation]PARIS (Reuters) - La création d'une tranche d'imposition à 75% pour les revenus annuels dépassant un million d'euros, proposée par la candidat socialiste à la présidentielle François Hollande, n'est pas destinée à être permanente, a déclaré mercredi Laurent Fabius.

"Il y a eu une augmentation massive, vous avez vu, des rémunérations des PDG du Cac 40. On est dans une période exceptionnelle, exceptionnellement difficile, il est donc légitime de demander un effort exceptionnel", a déclaré l'ancien Premier ministre socialiste sur RTL.

"Mais ce n'est pas nécessairement destiné à être permanent, et en plus, moi je ne serais pas choqué qu'il y ait quand même des plafonds", a-t-il ajouté.

"On ne prend pas des impôts pour le plaisir d'avoir des impôts mais c'est lié au caractère très, très exceptionnel de la période qui demande un effort exceptionnel de solidarité".

A son arrivée dans le 15e arrondissement de Paris où il doit rencontrer les parlementaires de la majorité, Nicolas Sarkozy a dénoncé les contradictions du camp de son rival socialiste.

"C'est un revirement de plus mais enfin on devrait être habitué depuis le début de la campagne, on n'a que ça", a dit le président sortant.

La porte-parole du gouvernement, Valérie Pécresse, avait réagi un peu plus tôt en dénonçant une nouvelle "reculade" du PS sur un "impôt spectacle" inapplicable.

"On est dans l'improvisation fiscale permanente avec des reculades systématiques" au Parti socialiste, a-t-elle dit en soulignant les évolutions intervenues sur la taxation de l'assurance-vie, le quotient familial, la fusion éventuelle entre la CSG et l'impôt sur le revenu et la défiscalisation des investissements Outre-mer depuis le début de la campagne de François Hollande.

"Comble de l'ironie, M. Fabius propose de rétablir le bouclier fiscal, c'est-à-dire un plafonnement de la taxation de François Hollande", a-t-elle ajouté lors du compte rendu du conseil des ministres.

"Je pense que les Français comprendront que cette mesure ne s'appliquera jamais et qu'il s'agissait d'un impôt spectacle pour faire oublier sans doute aux Français que, dans le programme de François Hollande, il y a 50 milliards de taxes et qu'on a toujours pas compris qui allait les payer (...) la diversion des 75% a fait long feu", a encore dit Valérie Pécresse.

Selon le Canard enchaîné de mercredi, la création de la tranche souhaitée par le candidat socialiste à l'élection présidentielle pourrait être jugée anticonstitutionnelle.

"Il y a eu un recours au Conseil Constitutionnel au moment d'un des innombrables épisodes du bouclier fiscal (...) Et à cette occasion, le Conseil Constitutionnel, si ma mémoire est bonne, avait dit qu'en l'espèce, (un taux de 60%) ça n'était pas confiscatoire. A contrario, il y aurait un taux qui, lui, serait confiscatoire. On ne sait pas lequel", a dit Laurent Fabius.

Marine Pennetier et Yann Le Guernigou, édité par Patrick Vignal

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