[scald=101217:sdl_editor_representation]PARIS (Reuters) - La vie privée des candidats à l'élection présidentielle n'a pas à "s'exhiber", a estimé mercredi François Hollande au lendemain de la prestation télévisée de Nicolas Sarkozy, qui a fait part de ses regrets sur son dîner au Fouquet's le soir de son élection en 2007 et la croisière qui a suivi.

Invité mardi soir de l'émission "Des paroles et des actes" sur France 2, le président sortant s'est livré à un mea culpa sur le Fouquet's et la croisière sur le yacht de l'industriel Vincent Bolloré, deux épisodes qui ont nourri les critiques des détracteurs d'une présidence jugée "bling bling" - ostentatoire.

Le chef de l'Etat les a imputés pour partie à ses problèmes conjugaux de l'époque.

"Je respecte la vie privée, y compris celle du président de la République. Mais je ne pense pas qu'elle ait besoin de s'exhiber. Ni lorsqu'elle a été au début d'un mandat une explication d'une faute, car il s'agit bien de cela", a commenté le candidat socialiste sur Europe 1.

"A un moment, les Français veulent qu'on parle d'eux et pas simplement de celui qui prétend être leur prochain président", a-t-il estimé.

"Je ne sais pas s'il a reconnu ses fautes, il nous a expliqué ce qu'était à ce moment-là sa situation personnelle. Ça fait partie de ce qu'est le ressort d'une personnalité, l'explication d'un moment, je ne suis pas sûr que ça fasse partie d'une campagne présidentielle", a ajouté François Hollande, qui a vu dans la prestation de mardi "une émission de justification".

Le candidat socialiste, qui a proposé une tranche d'imposition à 75% pour les revenus annuels supérieurs à un million d'euros, a jugé par ailleurs tardive l'idée de Nicolas Sarkozy de taxer les bénéfices minimum des grands groupes du CAC 40.

"Les bonnes idées, il faut les avoir en début de mandat, pas à la fin", a-t-il jugé. "C'eut été une meilleure idée de le faire dès 2007."

"En fin de mandat, Nicolas Sarkozy vient de se rendre compte que des entreprises parmi les plus grandes échappent à l'impôt", a-t-il ironisé.

Sophie Louet

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