La députée LRM Céline Calvez et le chef étoilé Régis Marcon remettent ce vendredi leur rapport sur la voie professionnelle au ministre de l’éducation. Une base de travail pour Jean-Michel Blanquer, afin d’engager une réforme pour un "enseignement professionnel qui fasse envie".

Actuellement, 700 000 élèves français préparent un CAP ou un bac pro
Actuellement, 700 000 élèves français préparent un CAP ou un bac pro © AFP / Monty Rakusen / Image Source

Le ministre de l'Éducation nationale avait confié, à l'automne dernier, une mission de réflexion sur la voie professionnelle à La députée des Hauts-de-Seine Céline Calvez, accompagnée du chef étoilé Régis Marcon. 

Le texte doit servir de base de travail au ministre de l'éducation pour rendre plus attractive la voie professionnelle, à la traîne depuis des années, et devenue "un chantier prioritaire" pour le gouvernement. Co-secrétaire générale du Snuep-FSU, premier syndicat dans l'enseignement professionnel, Sigrid Gérardin le dit plus brutalement: "la voie professionnelle est considérée depuis plus de 20 ans comme une voie de relégation, avec des élèves qui y sont affectés par défaut".

L'idée n'est pas de proposer de petites adaptations mais une vraie transformation de la filière (Céline Calvez)

Par ailleurs, pour faire écho à sa réforme de la voie professionnelle, le gouvernement a trouvé une caisse de résonance inattendue dans les propos de Laurent Wauquiez, qui déclarait, après des propos polémiques tenus en off devant des étudiants, mais rapportés dans les médias, qu'il s'agissait d'un journalisme de "niveau CAP d’ajusteur-monteur". 

Une tournure fausse ( le CAP d'ajusteur n'existe pas), que les membres du gouvernement investis sur la filière professionnelle ont jugé insultantes. Ils ont, dans la foulée, rappelé le travail effectué lors de cette mission, dont le rapport arrive ce vendredi sur le bureau de Jean-Michel Blanquer.

Une voie marquée socialement

Les conclusions de la mission devront s'articuler avec d'autres réformes déjà annoncées, comme celle du bac et du lycée, et celle de l'apprentissage, ce qui fait craindre à des syndicats "une mise en concurrence de la voie professionnelle avec l'apprentissage". 

Quelle différence entre les deux systèmes? Un apprenti (forcément âgé de 16 ans au moins) est sous statut de salarié et dépend du Code du travail. Les jeunes en voie pro sont, eux, sous statut d'élèves.

Or, les bacs pro restent très marqués socialement, puisque 12% seulement des enfants de cadres sont dans l'enseignement professionnel, contre 60% des enfants d'ouvriers.  L'insertion professionnelle après ce diplôme reste peu satisfaisante: 46% des bacheliers pro sont au chômage sept mois plus tard et toujours 20% trois ans après. 

"La France fait ainsi partie des pays de l'OCDE qui insèrent le moins bien les jeunes issus de l'enseignement professionnel", relevait en 2016 le conseil d'évaluation du système scolaire (Cnesco).  Et si certaines filières s'en tirent bien (énergie, agriculture, restauration, etc.), d'autres comme la vente ou les services à la personne affichent des taux de chômage de 30% trois ans après l'obtention du bac si l'élève n'a pas poursuivi en BTS.

Attirer les élèves et les enseignants

Actuellement en France, 700 000 élèves préparent un CAP ou un bac pro et, chaque année, 30% des bacheliers viennent de la voie professionnelle.

Parmi les pistes à suivre prônées par le rapport, la proposition d’augmenter les stages à l'étranger avec Erasmus, puisqu’ actuellement 13% seulement des lycéens en bénéficient. 

Par ailleurs, la filière doit devenir aussi plus attractive pour les enseignants. Aujourd'hui les professeurs de lycées professionnels ont un statut à part : plus d'un poste sur quatre au concours n'est pas pourvu, et beaucoup de contractuels sont recrutés. Une revalorisation indemnitaire permettrait de s'aligner sur les professeurs de la voie générale et technologique. 

Plus d’efficacité dans les stages

Autre ambition : réformer pour une plus grande efficacité, à la fois en termes d'insertion sur le marché du travail, mais aussi en termes de poursuite d'études. De plus en plus de titulaires d'un bac pro veulent continuer après : ils étaient 17% dans les années 2000, contre à peu près 50% aujourd'hui. 

Le rapport pourrait proposer plus de progressivité dans les 22 semaines de stages à effectuer sur 3 ans. Ces mêmes stages seraient plus courts en seconde, et plus longs en terminales. 

Enfin, il préconise de revoir les appellations de spécialités souvent complexes et illisibles, et de développer les bacs professionnels, où les débouchés sont importants : les services à la personne, l'écologie, l'énergie, le numérique, pour coller davantage aux besoins du marché du travail.

Les chiffres-clés de l'apprentissage en 2017
Les chiffres-clés de l'apprentissage en 2017 © Visactu / Visactu
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