« La volonté de m’humilier publiquement »

Neuf heures plus tôt, sa garde à vue avait débuté tambour battant.

« Je veux dire que la mesure de garde à vue retenue contre moi porte atteinte à mes droits, pour la raison simple et spécifique qu’elle sera connue de la presse instantanément, déclare Nicolas Sarkozy. Deuxièmement, je ne suis pas un justiciable au-dessus des autres, je dois répondre aux questions qu’on doit me poser. Je ne me suis jamais soustrait à mes obligations. Quand [l’enquêteur] m’a téléphoné pour fixer la date et l’heure, j’ai répondu « Oui » sans discuter, ou demander quoi que ce soit. Quand Monsieur [le juge d’instruction, Jean-Michel] Gentil a voulu m’interroger dans l’affaire Bettencourt, j’ai eu droit à vingt-deux heures d’interrogatoire. Me mettre en garde à vue correspond à la volonté de m’humilier publiquement. Je ne suis pas un justiciable en dessous des autres. J’ai le droit à une justice impartiale. »

« Un tissu d’injures contre moi »

Nicolas Sarkozy fait annexer à la procédure deux documents. Le premier est une lettre que le président du Syndicat de la magistrature (classé à gauche) lui a adressé pendant l’élection présidentielle de 2012.

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« Ce texte du 2 mai 2012 est un tissu d’injures contre moi,affirme Nicolas Sarkozy.Je suis notamment accusé de haïr les juges, de "honnir" la justice, d’avoir affaibli l’autorité judiciaire, et même d’attiser la haine de la justice ! Le texte du Syndicat de la magistrature se termine par un appel en conscience à voter contre moi. Nous sommes à quatre jours de la présidentielle de 2012. »

« L’impartialité d’une magistrate qui connaît Médiapart »

congrès du Syndicat de la Magistrature
congrès du Syndicat de la Magistrature © MaxPPP/Christophe Morin
Le deuxième document que Nicolas Sarkozy remet, lors de sa garde à vue, est un article du site Médiapart, daté du 8 mai 2012. _**« Cet article parle d’une magistrate au tribunal de Bobigny qui s’exprime entre guillemets et qui dit : « Nous (les magistrats de Bobigny) aspirons tous à retrouver du calme, de la sérénité et de la confiance »… grâce à l’élection de François Hollande. Cette magistrate s’appelle Claire Thepaut. Il est indiqué "juge d’instruction et adhérente du Syndicat de la magistrature"… interrogée par Médiapart, qui publie les écoutes entre mon avocat et moi. Madame Thepaut connaît donc Médiapart. »**_ Brandi comme "pièce à conviction" par Nicolas Sarkozy, [l’article de Médiapart daté du 8 mai 2012 est en réalité un reportage réalisé au tribunal de Bobigny](http://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2014/07/02/les-intox-des-sarkozystes-sur-claire-thepaut_4449360_4355770.html), au lendemain de la victoire de François Hollande. Les propos tenus par Claire Thépaut (qui n’a jamais eu de responsabilités au Syndicat de la magistrature) s’inscrivent dans un cadre plus général : elle réclame plus de moyens et une meilleure collaboration avec les services de police. ### **« La tête de gondole du mur des cons »** _**« Troisième remarque,**_ **poursuit Nicolas Sarkozy,** _**je me suis, il y a quelques jours, constitué partie civile dans l’affaire dite du « mur des cons », affaire pour laquelle la présidente du Syndicat de la magistrature a été mise en examen. Je vous rappelle que la cible centrale du « mur des cons », c’est moi, puisque ma tête sur ce mur, dit « des cons », est en quelque sorte « la tête de gondole. » J’émets donc les plus extrêmes réserves sur l’impartialité d’une magistrate qui doit enquêter à charge, certes, mais aussi à décharge sur moi, et qui est membre du Syndicat de la magistrature. »**_ **►►► [Lire la suite](http://www.franceinter.fr/dossier-ce-qua-dit-sarkozy-en-garde-a-vue?page_dossier=3) [ ](http://www.franceinter.fr/article-de-dossier-gilbert-azibert-expert-pour-la-justice-de-nicolas-sarkozy)**
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