Manifestations anti-françaises dans le monde musulman, appels au boycott, drapeaux français brûlés, menaces directes à l'encontre d'Emmanuel Macron... Jamais depuis le début du quinquennat, la France n'aura été aussi attaquée et l'image de son président aussi dégradée à l'étranger.

Le président français est soutenu par les leaders mondiaux dans sa défense de la laïcité à la française, mais un peu du bout de lèvres semble-t-il
Le président français est soutenu par les leaders mondiaux dans sa défense de la laïcité à la française, mais un peu du bout de lèvres semble-t-il © capture d'écran

Face aux critiques, aux accusations et aux menaces, le chef de l'État a été obligé de monter lui-même au front ce week-end, en accordant une interview à la chaîne arabe Al-Jazeera. La première étape de la riposte, du "contre-discours", que veut propager l'exécutif. 

Et il n'est pas seul dans ce combat, insiste l'Élysée : les Européens le soutiennent en bloc, les Émirats arabes unis viennent à la rescousse, plusieurs responsables musulmans de France condamnent les appels au boycott. Certes. 

Un soutien très mesuré

Mais en privé, certains proches du président confient qu'ils aimeraient davantage de soutien. Ces derniers jours, Emmanuel Macron et son entourage ont été agacés par le "oui, mais..." du Premier ministre canadien Justin Trudeau, pour qui la liberté d'expression n'est pas "sans limite", ou les critiques d'une partie de la presse américaine, qui lui reproche son comportement à l'égard des musulmans. 

La difficulté tient au sujet, sans doute : la laïcité à la française, "ce terme si compliqué qui donne lieu à tant de malentendus" comme l'a dit Emmanuel Macron sur Al-Jazeera... Reste que le président apparaît sur la défensive, loin de l'image positive et volontariste qu'il s'est attaché à incarner aux yeux du monde dès le début de son quinquennat, avec son "Make our planet great again". 

Qu'importe, selon ses proches : "À chaque fois qu'il y aura des amalgames, des intimidations, il ira taper au coeur de la bête", annonce un conseiller qui insiste sur le "courage" du chef de l'État, "défenseur et promoteur de l'ADN du pays". Une image qui lui fait perdre des points à l'étranger, peut-être, mais qui pourrait aussi lui en faire gagner en France, à un an et demi de la présidentielle.

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