Laurent Wauquiez a annoncé dimanche au JT deTF1 sa démission de la présidence des Républicains (LR), une semaine après la déroute historique du parti (8,48%) aux élections européennes. La droite est en pleine recomposition.

Laureint Wauquiez a annoncé dimanche soir de la présidence des Républicains
Laureint Wauquiez a annoncé dimanche soir de la présidence des Républicains © AFP / Eric PIERMONT

"Les victoires sont collectives, les défaites sont solitaires. Il faut que je prenne mes responsabilités: (...) je vais prendre du recul. Je me retire de mes fonctions de président des Républicains", a déclaré Laurent Wauquiez sur TF1. Le chef des Républicains était pressé depuis une semaine de quitter ses fonctions à la tête du parti par plusieurs personnalités de droite.

"Il faut que la droite se reconstruise" et "je ne veux pas être un obstacle, à aucun prix", a expliqué Laurent Wauquiez. La présidente du Rassemblement national, Marine Le Pen, a jugé que cette démission était "inévitable".

Président de la région Auvergne-Rhône-Alpes, ancien ministre lors du quinquennat de Nicolas Sarkozy, ex-député de Haute-Loire et ex-maire du Puy-en-Velay, Laurent Wauquiez, 44 ans, avait été confortablement élu à la tête du parti en décembre 2017, avec environ 75% des voix, quelques mois après la défaite de François Fillon à la présidentielle.

Depuis son élection, Laurent Wauquiez faisait l'objet de nombreuses critiques sur sa ligne droitière et sur une gouvernance jugée "solitaire" à la tête du parti. Souvent accusé d'"insincérité", le patron de LR avait écorné son image en 2018 avec la révélation de propos chocs, enregistrés à son insu, tenus devant des étudiants lyonnais, dans lesquels il multipliait les critiques contre différents responsables politiques.

Le chef des Républicains avait choisi, dans un scepticisme général, de désigner François-Xavier Bellamy, enseignant en philosophie de 33 ans, pour conduire la liste LR aux élections européennes. Mais les cadres du parti avaient ensuite activement mené campagne, jusqu'au score historiquement faible glané le 26 mai, de nombreux électeurs de droite ayant choisi de voter pour La République en marche d'Emmanuel Macron.

Après cette défaite, Laurent Wauquiez avait annoncé la tenue d'"états généraux" à "la rentrée" pour "tout remettre à plat". Une décision jugée insuffisante par de nombreux hiérarques LR.

Ce soir, François-Xavier Bellamy a jugé que la crise que traverse la droite est "profonde":

Depuis les européennes de dimanche dernier, plusieurs dirigeants comme Valérie Pécresse ou Eric Woerth ont plus ou moins ouvertement appelé au départ de Laurent Wauquiez. Le président du Sénat Gérard Larcher a initié une "démarche" pour construire "un projet rassemblant la droite et le centre". Il a convié mardi à Paris les présidents de groupes parlementaires Christian Jacob (Assemblée) et Bruno Retailleau (Sénat), les présidents des grandes associations d'élus François Baroin (maires), Dominique Bussereau (départements) et Hervé Morin (régions), ainsi que les présidents de régions LR dont Valérie Pécresse, Laurent Wauquiez ou encore Renaud Muselier (PACA).

Xavier Bertrand (Hauts-de-France), qui a quitté LR au lendemain de l'élection de Laurent  Wauquiez à la tête de LR, n'assistera pas à cette réunion, selon son entourage. Selon les statuts de LR, en cas de vacance, la présidence du mouvement est assurée par le vice-président délégué, Jean Leonetti.

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