le cas jean-noël guérini empoisonne toujours le parti socialiste à marseille
le cas jean-noël guérini empoisonne toujours le parti socialiste à marseille © reuters

Jean-Noël Guérini continue à empoisonner le Parti socialiste, qui semble incapable de contraindre le puissant président du conseil général des Bouches-du-Rhône à s'effacer des affaires d'une ville dont la conquête au mois de mars est une priorité.

Ravir au maire UMP Jean-Claude Gaudin, qui vise un quatrième mandat, la deuxième ville de France lors du scrutin municipal est un objectif assumé par la majorité présidentielle pour atténuer les mauvais résultats annoncés par les sondages.

La menace formulée vendredi par Jean-Noël Guérini de soutenir la liste du Parti radical de gauche (PRG) a incité le Premier secrétaire du PS Harlem Désir à brandir une nouvelle fois une menace d'exclusion jamais appliquée jusqu'à présent.

Il a ainsi déclaré:

Si Guérini persiste à soutenir une liste dissidente aux municipales contre le candidat investi par le PS, il sera exclu.

L'intéressé s'en amuse et affirme avoir envoyé 300 euros de cotisation au PS juste avant Noël. Patrick Mennucci a été investi par le PS pour les municipales de mars au terme d'une primaire où il n'a cessé de fustiger le système Guérini, réclamant sans l'obtenir son exclusion du parti. Comme l'avait fait, sans plus de succès, la ministre Marie-Arlette Carlotti.

Une dissidence est-elle plus grave qu'une mise en examen ? Le reportage de Cyril Graziani

En mars 2011, l'actuel ministre du Redressement productif Arnaud Montebourg avait déjà recommandé dans un rapport la mise sous tutelle de la fédération par la direction du parti et la "destitution" de son président, Jean-Noël Guérini.

Le placement sous tutelle de la fédération sera finalement effectif, début 2013, mais pas l'exclusion de son ancien responsable en proie à de multiples démêlés judiciaires. En novembre 2011, le PS avait demandé à Jean-Noël Guérini de démissionner de la présidence du conseil général desBouches-du-Rhône en raison de sa mise en examen dans une affaire de marchés publics présumés frauduleux.

Jean-Noël Guérini, mis en examen le 8 septembre de la même année pour "association de malfaiteurs, prise illégale d'intérêt, trafic d'influence", a refusé de s'exécuter. La commission nationale des conflits du PS, qui doit être consultée avant toute exclusion selon les statuts du parti, n'avait pas été saisie.

Depuis, l'élu toujours socialiste rythme régulièrement la vie politique de Marseille de son bureau du conseil général. Rappelant volontiers son hostilité à la métropole voulue par le gouvernement, il a annoncé son intention d'être candidat aux cantonales de 2015. Et, dans la foulée, à sa succession à la présidence du conseil général. Une candidature qu'il annonce "autonome", à moins que le PS n'ait toujours pas à cette date réglé le "cas Guérini".

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