Le bureau politique de l'UMP s'est prononcé mardi en faveur d'un nouveau nom pour le parti d'opposition, "Les Républicains", que Nicolas Sarkozy soumettra à l'approbation des adhérents fin mai.

La nouvelle dénomination a été approuvée à l'unanimité des 51 membres présents, moins une abstention, précise l'UMP dans un communiqué. Le député-maire du Havre Edouard Philippe, proche d'Alain Juppé "pas totalement convaincu par le nom", s'est abstenu.

Le président de l'UMP, confronté aux vives réserves de plusieurs responsables du parti, s'est résolu à mettre aux voix cette mini-révolution sémantique, destinée notamment à éclipser les démêlés judiciaires auxquels le nom de l'UMP, créée en 2002, est associé.

Au tour des adhérents de se prononcer

L'ancien Premier ministre Alain Juppé, le plus sérieux rival de Nicolas Sarkozy pour la primaire présidentielle de 2016 à droite, avait plaidé pour un baptême démocratique à la veille du congrès du 30 mai qui doit consacrer les nouveaux statuts du parti, approuvés à l'unanimité mardi par le bureau politique. Le vote du bureau politique est consultatif.

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Du 28 au 29 mai, les quelque 210.000 adhérents de l'UMP à jour de cotisation au 31 décembre 2014 auront à se prononcer par voie électronique sur le changement de nom du parti, les nouveaux statuts et le principe d'une liste unique de candidats pour le bureau politique.

"Une nouvelle étape", selon Sarkozy

Dans une interview au Figaro ce mercredi, Nicolas Sarkozy exhorte les adhérents à lui "donner les moyens de continuer e redressement" du parti.

"S'ils l'acceptent, nous franchirons une nouvelle étape. S'ils le refusent, ce sera le statu quo. C'est la démocratie. Chacun devra s'y faire", explique l'ancien chef de l'État en disant faire "confiance" aux adhérents.

On me dit que je prends des risques. Croyez-vous qu'on devienne président d'une formation politique si on refuse les défis? Je crois dans cette stratégie.

Selon un sondage Odoxa diffusé en avril, 61% des sympathisants de l'UMP estiment que le parti ne doit pas changer de nom, 56% préfèrent l'UMP aux "Républicains", 53% jugent que le nouveau nom fait trop "américain". Nicolas Sarkozy considère que le débat sur l'américanisation supposée de la droite française est une "vaine polémique".

"Les valeurs que nous mettons en avant ne sont pas les mêmes de ce côté de l'Atlantique. Nous refusons le communautarisme quand eux le reconnaissent. Pour nous, il n'y a qu'une seule communauté, c'est celle de la nation". Et Nicolas Sarkozy de poursuivre :

Je ne voulais pas d'acronymes qui sont répétés mécaniquement et finissent par ne plus rien signifier.

"Nous avons besoin de nous élargir et d'envisager notre champ d'action et de pensée pour les vingt prochaines années", conclut l'ex-président.

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