Alors que Viktor Orban, Premier ministre de Hongrie, piétine allègrement, dans son pays, l'État de droit , l'opposition, la presse libre ou la justice, son nom résonne jusqu'en France. Pour Laurent Wauquiez, par exemple, les nombreux écarts du dirigeant hongrois ne suffisent pas à le condamner.

Viktor Orban, Premier ministre hongrois, lors d'une session au Parlement Européen le 11 septembre 2018
Viktor Orban, Premier ministre hongrois, lors d'une session au Parlement Européen le 11 septembre 2018 © AFP / FREDERICK FLORIN

Alors qu'Eric Ciotti commentait sur France Inter le selfie de Nadine Morano avec Viktor Orban, estimant, sans la condamner, qu'elle avait le courage de ses opinions, c'est au tour de Laurent Wauquiez de se prononcer sur un éventuel soutien apporté par la droite française au Premier ministre hongrois, menacé d'exclusion par l'Union Européenne.

"Il a toute sa place au PPE (Parti Populaire Européen)" explique Laurent Wauquiez dans les colonnes du Figaro, qui estime aussi qu'il n'est pas question de le condamner. 

Quand Eric Ciotti expliquait : "On conteste à Orban le droit de critiquer la politique migratoire de l'Europe", le chef de file des Républicains, lui assure : "Je ne suis pas gêné par son discours sur la question migratoire". Laurent Wauquiez, qui ajoute quand même - pour la forme : "Il y a des lignes rouges à ne pas franchir comme celles de l'État de droit".

Pourquoi fait-il ça ? "Pour ne pas qu'Orban bascule dans les extrêmes", évoquent certains cadres du parti, "qu'il reste avec nous". "C'est l'un des seuls qui arrivent à faire reculer l'extrême-droite dans son pays" si l'on en croit Brice Hortefeux. Or c'est bien l'obsession de Laurent Wauquiez en ce moment : affaiblir, en France, l'extrême-droite et Marine Le Pen. Ainsi, rejeter Orban, ce serait lui offrir un trop joli cadeau, elle qui rêve d'une photo avec le Premier ministre hongrois et l'italien Matteo Salvini. "Ce n'est pas une raison pour trahir nos fondamentaux", rétorque un fidèle de Valérie Pecresse.

Le cas Orban marque donc une nouvelle ligne de fracture au sein des Républicains, mais heureusement pour eux, il n'y a plus aucune échéance à ce sujet : pas de vote pour ou contre son exclusion, pas même de procédure interne au sein du PPE et Laurent Wauquiez continue à tenter de faire le grand écart. Il sera à Berlin lundi prochain, pour rencontrer Angela Merkel, elle aussi membre de ce même PPE ... 

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