Il ne l’a gardé qu’une dizaine de secondes – allez, peut-être douze mais certainement pas plus. C’était à Nîmes il y a trois jours. La visite d’un chantier. Ou plutôt non, pas la visite ; l’observation d’un chantier - on lui explique de loin la démolition d’un immeuble.Rien là de très dangereux. Se faire expliquer de loin la démolition d’un immeuble, non ça n’est pas dangereux, mais le Premier ministre étant un homme obéissant, il n’a pas émis la moindre réserve en posant sur son crâne l’objet qu’on venait de lui tendre : un petit casque blanc.Les autres autour de lui étaient pourtant tête nues mais lui a donc accepté sans rechigner le casque : un casque de chantier, un minuscule casque blanc totalement ridicule parce que beaucoup, beaucoup, beaucoup trop petit pour lui. Désastreux pour l’image.Quand son attachée de presse a aperçu la forme posée sur ses cheveux, elle s’est précipitée, le doigt pointé vers ciel. « Mais enlevez-lui ça ! Voyons, enlevez-lui ça ? » Un autre conseiller s’est illico exécuté. Vite fait bien fait, voilà ni vu ni connu, le casque a disparu.Il ne l’a donc gardé qu’un instant mais le soir, à la télévision, dans les quelques secondes consacrées au déplacement de François Fillon à Nîmes, le soir à la télévision, franchement c’est pas de chance, on n’a vu que la séquence du casque.

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