C'est cette confirmation qui était sûrement la plus attendue, non pas celle sur sa vie privée qu'il a adroitement évacuée, malgré les nombreuses relances des journalistes, mais celle sur sa ligne. Oui, François Hollande est bien social démocrate. Il le revendique sans détour. Et non il ne souhaite pas dire qu'il a pris un tournant, le chef de l’État maniant la métaphore de la route a simplement accéléré. Il a accéléré la cadence, le mouvement, mais pas accéléré le changement. Vous vous souvenez, le changement c'est maintenant, cette idée que le candidat Hollande avait portée en étendard durant sa campagne et qui dix-huit mois plus tard est passée aux oubliettes.

évasif sur sa vie privée, françois hollande prend un risque politique
évasif sur sa vie privée, françois hollande prend un risque politique © reuters
Alors François Hollande assume tout, mais ça depuis ses vœux on s'en doutait : sa politique de l'offre c'est trente milliards d’aides aux entreprises, accompagnés de cinquante milliards de coupes dans les dépenses publiques. Et avec cette politique de l'offre, il prend ses distances avec les socialistes français qui ont depuis toujours revendiqué une politique de la demande qui passe par des hausses du pouvoir d'achat. Et il se démarque de Lionel Jospin, son Premier ministre, quand lui occupait le poste de Premier secrétaire rue de Solferino. Lors de sa dernière conférence de presse en mai 2013, François Hollande avait préféré s’en tenir à l’appellation de socialiste, cette fois, il franchit le pas prenant le risque de se couper d'une partie de son électorat. Son aile gauche qui a dû gouter modérément ses annonces. Le discours du Bourget dont il fêtera les 2 ans la semaine prochaine et qui l'avait fait roi, reste sa référence a-t-il dit. Pourtant, hier il a donné l'impression qu'il avait rompu avec, définitivement.
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