[scald=27131:sdl_editor_representation]par Yann Le Guernigou

PARIS (Reuters) - La hausse du chômage en juin pour le deuxième mois consécutif est une mauvaise nouvelle pour Nicolas Sarkozy au moment où sa popularité amorçait un rebond.

Mais elle ne change pas fondamentalement la donne pour l'élection présidentielle de 2012, où le chef de l'Etat sera à son avantage si la situation économique et financière internationale reste tendue, estiment les analystes.

Après des plus bas records à la fin de l'hiver, la cote du chef de l'Etat est remontée ces derniers mois grâce à une "représidentialisation" de son image, marquée par une communication plus sobre, et à son activisme à l'international sur fond de crise de l'euro et de guerre en Libye.

Dans ce contexte, le bond de 1,3% du nombre de demandeurs d'emploi enregistré en juin est "très mauvais pour Nicolas Sarkozy et risque d'enrayer la remontée de sa cote de popularité", estime Jérôme Sainte-Marie, directeur du département politique de l'institut CSA.

Pour Jérôme Fourquet, directeur adjoint du département opinion de l'Ifop, "c'est la réalité économique intérieure qui se rappelle à lui".

"La hausse du chômage vient confirmer aux yeux des Français qu'il n'y a pas d'embellie sur le front économique et Nicolas Sarkozy pourrait en être tenu responsable", ajoute-t-il.

Il rappelle en outre que la remontée récente de la cote du chef de l'Etat s'est faite à partir d'un niveau très bas et que, tout autant que par son style, sa popularité était "plombée par une absence de résultats, même si les Français ont conscience que tout cela est dû en partie à une crise mondiale.

"CAPITAINE DE GUERRE"

Il reste que l'accord européen du 21 juillet sur le nouveau plan d'aide à la Grèce, conclu sur la base d'un plan franco-allemand âprement négocié, explique à lui seul une bonne part du rebond de six points enregistré par Nicolas Sarkozy dans le baromètre Ifop-JDD publié le week-end dernier.

Cette embellie pour le chef de l'Etat, qui ne recueille toutefois que 36% d'opinions favorables, a été corroborée par d'autres enquêtes d'opinion publiées depuis début juillet.

"La situation de crise internationale, d'instabilité et de tensions qui prévaut lui permet de déployer tous ses talents de dynamisme et de volontarisme et les Français lui savent gré de cela", dit Jérôme Fourquet.

Jérôme Sainte-Marie estime de même que le président "s'est positionné un peu en grand capitaine de guerre dans la crise".

"Cela lui avait réussi en 2008 avec la guerre en Géorgie et la crise financière et c'est là-dessus qu'il essaye de relancer son image. Aujourd'hui, il joue à fond cette carte-là, qui est inattendue", ajoute le responsable de l'Ifop.

Dans la perspective de la présidentielle 2012, cela peut lui profiter d'autant plus que ses principaux concurrents potentiels "sont jugés moins crédibles ou ont une stature moins affirmée", dit-il encore.

Le seul qui pouvait lui contester ce rôle, l'ancien directeur général du Fonds monétaire international Dominique Strauss-Kahn, est hors-jeu après son inculpation pour tentative de viol aux Etats-Unis et des accusations similaires en France.

"Les plages de respiration que constituent les séquences internationales permettent à Nicolas Sarkozy de retrouver de l'oxygène et de se présenter avec une stature présidentielle intéressante", résume Jérôme Fourquet.

"Mais dès que l'actualité se fait moins internationale, on retombe dans un certain nombre de difficultés très fortes. Le principal risque est d'être rattrapé par la morosité des Français, dont un des principaux indicateurs est le taux de chômage publié tous les mois," conclut-il.

Edité par Yves Clarisse

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