INFO FRANCE INTER - L'écrivain Philippe Besson ne sera probablement jamais consul de France à Los Angeles. Le décret pris par le gouvernement en août 2018 pour le nommer a été annulé par le Conseil d'État.

L'écrivain Philippe Besson
L'écrivain Philippe Besson © AFP / Joel Saget

Le décret pris par le gouvernement en août 2018 pour nommer l'écrivain Philippe Besson consul général à Los Angeles a été annulé par le Conseil d'État. France Inter s'est procuré la décision du Conseil.

"Le décret du 3 août 2018 est annulé en tant qu’il ajoute à la liste des emplois supérieurs pour lesquels la nomination est laissée à la décision du Gouvernement les emplois de consul général de France à Barcelone, Bombay, Boston, au Cap, à Djeddah, Dubaï, Edimbourg, Erbil, Francfort, Hong-Kong, Istanbul, Kyoto, Los Angeles, Marrakech, Milan, Munich, Québec, Saint-Pétersbourg, Sao Paulo, Shanghai et Sydney", est-il écrit dans l'article 1er de cette décision. Cela inclut le poste convoité par Philippe Besson.

Cette décision a été prise en séance le 15 mars 2019 et a été officialisée le 27 mars, selon l'arrêt que du Conseil d'État "statuant au contentieux" que nous avons consulté. Le conseil d'État annule donc le texte qui donnait au gouvernement la possibilité de nommer les titulaires de 22 postes de consul dans le monde, dont celui de Los Angeles.

Extrait de la décision du Conseil d'État annulant la nomination de l'écrivain Philippe Besson à Los Angeles
Extrait de la décision du Conseil d'État annulant la nomination de l'écrivain Philippe Besson à Los Angeles © Radio France

L'écrivain et scénariste, réputé proche du couple présidentiel et dont le dernier livre "Un personnage de roman" narre la conquête de l'Élysée par Emmanuel Macron, avait été nommé fin août 2018 consul général de France à Los Angeles, le chef de l'État se défendant alors de "tout copinage pour services rendus".

Mais la CFDT du ministère des Affaires étrangères avait immédiatement annoncé qu'elle demanderait l'annulation devant le Conseil d'État du décret du 4 août, qui avait ajouté 22 postes de consuls généraux parmi les emplois dont la nomination est "à la décision du gouvernement". Le Conseil d'État les a suivis, estimant que ce n'est effectivement pas au gouvernement de nommer ces consuls généraux, à l'exception de celui de Jérusalem, "eu égard notamment aux spécificités du contexte local et au rôle qu’il est conduit à jouer dans les relations entre le Gouvernement français et l’Autorité palestinienne".

Besson avait regretté la "très grande violence de la polémique" liée à sa nomination

Philippe Besson était revenu sur le recours intenté contre sa nomination dans l'émission «La bande originale » du mardi 29  janvier 2019, sur France Inter.  « Le recours n’est pas contre moi. Il est contre le fait qu’on puisse décider que les consuls généraux ne soient plus seulement des fonctionnaires. Aujourd’hui, à la différence des ambassadeurs (qui ne sont pas forcément des fonctionnaires), les consuls généraux doivent être des fonctionnaires. Du coup, un décret a été pris pour permettre que justement on puisse nommer au poste de consuls des artistes, des humanitaires, des chercheurs, des enseignants etc… en tout cas, pas seulement des gens issus du Quai d’Orsay et les syndicats du Quai d’Orsay se sont effectivement opposés à ça", avait-il dit.

"Donc, soit le décret est annulé et l’histoire s’arrête là. Soit le décret est validé par le Conseil d’Etat et il est possible que je reprenne, à ce moment-là, les conversations avec le Président de la République et que je me retrouve à Los Angeles. J’en ai envie absolument", avait-il ajouté.

Il avait regretté la "très grande violence me semble-t-il disproportionnée de la polémique" qui avait suivi sa nomination. "J’ai eu le droit à un procès stalinien à la première minute. Grosso modo, j’ai été déclaré incompétent et illégitime à la première minute. Je n’avais même pas le droit de m’exprimer", a-t-il jugé.

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