[scald=68255:sdl_editor_representation]par Sabine Ehrhardt

GORLEBEN, Allemagne (Reuters) - Après avoir été immobilisé pendant près de 18 heures, un convoi ferroviaire de déchets radioactifs parti de France a pu reprendre sa route dimanche à travers le nord de l'Allemagne, vers sa destination finale, le centre de stockage de Gorleben.

Le convoi "Castor", qui avait été immobilisé samedi soir peu avant 19h00 (18h00 GMT) en raison de la présence de manifestants antinucléaire sur les voies, a pu repartir dimanche vers 13h00 (12h00 GMT), au niveau de Maschen près de Hambourg.

On ignore à quelle heure il pourra parvenir à Dannenberg, terminal ferroviaire où les conteneurs de déchets doivent être transbordés sur des camions pour parcourir par la route la vingtaine de kilomètres menant au site de Gorleben, une ancienne mine de sel reconvertie.

Autre gêne à la progression des déchets, la météo. Des vents de force 8 à 9 étaient prévus pour dimanche dans la région du Wendland, où se trouve Dannenberg. Or, à partir de force 8, il est prévu, pour des raisons de sécurité, de suspendre tout déchargement de déchets.

Le cheminement du convoi ferroviaire avait dû être interrompu samedi en raison de la présence de militants qui s'étaient enchaînés à la voie ferrée. Il a fallu plusieurs heures pour réussir à les dégager de là.

DÉLÉGATION DE FUKUSHIMA

"En cours de nuit, environ 3.500 personnes se sont assises sur la voie", a déclaré dimanche un porte-parole de la police, Holger Jureczko. Certains ont détérioré un tronçon, près de Harlingen, en retirant du ballast sous les traverses. A un autre endroit, ils ont soulevé les voies de 20 centimètres, sur une portion de 30 mètres.

"Il s'agit d'une atteinte dangereuse au transport ferroviaire", a ajouté le porte-parole.

Samedi, une manifestation antinucléaire a rassemblé 25.000 participants à Dannenberg, selon les organisateurs. Autour de 450 agriculteurs y ont également participé, avec leurs tracteurs. La police, elle, a parlé d'un total de 8.000 manifestants.

Une délégation japonaise, venue de Fukushima, la préfecture durement touchée par une catastrophe nucléaire en mars dernier, a participé à cette manifestation. Nombre de contestataires agitaient des drapeaux jaunes avec un soleil rouge, barrés du slogan: "Atomkraft? Nein danke" ("Energie atomique? Non merci").

Le train de 11 wagons chargés de 14 tonnes de déchets vitrifiés est parti mercredi de Valognes, dans la Manche.

Les déchets sont issus du retraitement, à La Hague, des combustibles usés des centrales nucléaires allemandes. Ce convoi est le dernier de 12 prévus par contrat.

Selon le groupe nucléaire Areva, les conteneurs Castor sont conformes aux normes de sûreté de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA).

Jean-Stéphane Brosse et Eric Faye pour le service français

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