Selon une étude réalisée par Ipsos-Sopra Steria pour Radio France, France Télévisions et les chaînes parlementaires, 39 % des abstentionnistes disent ne pas être allés voter notamment à cause de la crise du coronavirus. C'est la principale raison invoquée par les personnes interrogées.

Un isoloir vide le 15 mars 2020 lors du premier tour des élections municipales
Un isoloir vide le 15 mars 2020 lors du premier tour des élections municipales © AFP / Antoine WDOWCZYNSKI / Hans Lucas

C'était la principale crainte pour ce scrutin qui se déroulait dans un contexte bien particulier, et elle s'est réalisée : moins de la moitié des votants ont fait le déplacement, ce dimanche, pour le premier tour des élections municipales. L'abstention devrait se situer entre 53,5% et 56%, un record historique pour des municipales. En 2014, l'abstention avait été de 36,45 % au premier tour, 33,46 % en 2008 et 32,6 % en 2001. Des chiffres allègrement dépassés ce dimanche.

Réalisé les 13 et 14 mars sur internet auprès d'un échantillon de 2 000 personnes inscrites sur les listes électorales (et représentatives de la population française âgée de 18 ans et plus), l'étude d'Ipsos-Sopra Steria permet de mieux cerner pourquoi une aussi large part des Français ont choisi de ne pas aller voter. Et la principale raison n'existait pas lors des scrutins précédents : le coronavirus.

Parmi les Français qui ne comptaient pas voter, 39 % invoquaient l'épidémie comme l'une des raisons de leur abstention (ils pouvaient en choisir jusqu'à trois) ; 33 % estimaient que l'élection ne changerait rien à leur quotidien, et 24 % n'ont trouvé aucun candidat leur correspondant. Enfin, 17 % souhaitaient ainsi montrer leur mécontentement envers le gouvernement et Emmanuel Macron.

Le taux d'abstention varie aussi avec la couleur politique des électeurs. Ainsi, les soutiens de La République en Marche ont plus voté que ceux de l'opposition : 37 % d'abstentionnistes seulement chez les électeurs d'Emmanuel Macron. À l'inverse, les électeurs du Rassemblement national ont été 60 % à ne pas faire le déplacement ; 59 % chez La France Insoumise, et 50 % chez Les Républicains.

Pour quoi ont voté ceux qui ont fait le déplacement ?

Du côté de ceux qui comptaient bien aller voter, les enjeux pour cette élection était clairement locaux : seuls 17 % des personnes interrogées citaient les enjeux nationaux comme raison de leur vote, contre 83 % évoquant des enjeux locaux.

Plus précisément, l'enjeu le plus invoqué par les électeurs (qui pouvaient, là encore, en citer trois différents) est la sécurité, que 37 % des personnes interrogées jugent importante. Suivent le maintien des services publics de proximité (36 %), l'environnement et la lutte contre la pollution (31 %), le niveau des impôts locaux (29 %). L'urbanisme, la propreté, la circulation ou les écoles arrivent derrière.

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