[scald=100687:sdl_editor_representation]PARIS (Reuters) - Le Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif) a fait part de sa stupéfaction lundi après les propos de François Fillon sur l'inadéquation, à ses yeux, des traditions d'abattage rituel, juive et musulmane, avec le monde moderne.

"Je pense que les religions devraient réfléchir au maintien de traditions qui n'ont plus grand-chose à voir avec l'état aujourd'hui de la science, l'état de la technologie, les problèmes de santé", a dit le Premier ministre sur Europe 1.

"On pourrait y réfléchir. C'est pas le jour et c'est pas le moment d'engager ce débat, mais qu'au moins les choses soient claires et que dans un abattoir quand on abat une viande sans l'étourdir, on l'étiquette afin que les Français sachent comment les choses se sont passées", a-t-il ajouté.

Nicolas Sarkozy et son ministre de l'Intérieur, Claude Guéant, ont relancé le débat sur l'abattage "halal" (selon la loi islamique) en France en préconisant notamment un étiquetage des viandes.

"J'ai été stupéfait par cette déclaration du Premier ministre", a déclaré à Reuters le président du Crif, Richard Prasquier.

"Quand on est Premier ministre de la France, une position personnelle devient ipso facto une position officielle, or le gouvernement n'a pas à donner des conseils en matière de tradition religieuse", a-t-il souligné.

Le président du Conseil français du culte musulman (CFCM), Mohammed Moussaoui, s'est dit pour sa part "inquiet" de la polémique sur l'étiquetage "halal" et "casher" qui "crée des tensions dans la société". Il juge cette idée "stigmatisante" pour les musulmans et les juifs.

Chine Labbé, Sophie Louet, édité par Yves Clarisse

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