En début de semaine, Emmanuel Macron qualifiait la colonisation française de "crime contre l'humanité". Une tournure qui a du mal à passer à droite et à l'extrême droite.

Les déclarations d'Emmanuel Macron ont suscité un tollé du côté des élus de la droite et de l'extrême droite.
Les déclarations d'Emmanuel Macron ont suscité un tollé du côté des élus de la droite et de l'extrême droite. © AFP / STRINGER

Dans une interview accordée à la chaîne algérienne Echorouk News, lors de son voyage en Algérie en début de semaine, Emmanuel Macron qualifiait la colonisation française de "vraie barbarie" et surtout de "crime contre l'humanité". Une déclaration qui a suscité un tollé, notamment du côté de la droite. "La colonisation fait partie de l'histoire française. C'est un crime, c'est un crime contre l'humanité, c'est une vraie barbarie et ça fait partie de ce passé que nous devons regarder en face en présentant aussi nos excuses à l'égard de celles et ceux envers lesquels nous avons commis ces gestes", avait-t-il déclaré, tout en affirmant ne pas vouloir "balayer tout ce passé".

Lors d'un meeting à Compiègne, dans l'Oise, François Fillon jugeait les propos de l'ancien ministre "indignes d'un candidat à la présidence de la République" : "Cette détestation de notre histoire, cette repentance permanente est indigne. Il y a quelques temps, M. Macron trouvait des aspects positifs à la colonisation. Cela veut dire qu'Emmanuel Macron n'a aucune colonne vertébrale. Il dit simplement ce que ceux qui l'écoutent veulent entendre", dénonçait le candidat, devant environ 4 000 personnes.

Au sein du même parti, le député LR Gérald Darmanin, proche de Nicolas Sarkozy, et le sénateur LR Bruno Retailleau ont aussi pris la parole sur les réseaux sociaux :

Interrogé sur BFMTV, Jean-Pierre Raffarin, figure des Républicains, a estimé : "Opposer les Français, ressortir ces histoires pour diviser, pour remobiliser, je vois bien les soucis électoraux qu'il y a derrière tout ça. Ce n'est pas digne d'un chef d'Etat d'aller agiter des cicatrices qui sont encore très douloureuses." Sur Twitter, Christian Estrosi se disait "bouleversé qu'une personnalité politique française telle qu'Emmanuel Macron vienne aujourd'hui discréditer la grande histoire de France".

Au FN, l'émoi est le même. De nombreux élus ont pris la parole, à l'instar de Marion Maréchal-Le Pen, députée du Vaucluse, Florian Philippot, vice-président du parti et son trésorier, Wallerand de Saint-Just, ainsi que David Rachline, sénateur du Var.

Sur France Info, jeudi, l'historien Benjamin Stora, spécialiste du Maghreb contemporain, qualifiait ce débat sur la colonisation de "très actuel" et "récurrent". Il a rappelé que "dans l’Histoire de France, il n’y a pas que de la gloire, il y a aussi des zones d’ombre, des tâches sombres de cette Histoire qu’il faut savoir examiner". Selon lui, "les historiens ont levé les obscurités. C’est aux politiques de prendre le relais".

►►► L'intervention de Benjamin Stora dans le 13h de France Inter

5 min

Intervention de Benjamin Stora au micro de France Inter

Par Alain Passerel
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