Pendant près d'un an, les cadres du RN ont tout fait pour convaincre Thierry Mariani de les rejoindre. Et désormais, au sein du parti, certains le trouvent déjà trop encombrant. Le Rassemblement national n'a pas l'habitude d'accueillir d'anciens ennemis. La greffe n'a pas encore pris.

Les historiques du FN n'ont pas encore digéré les violentes charges de Thierry Mariani, à l'époque où il était ministre des Transports de Nicolas Sarkozy.
Les historiques du FN n'ont pas encore digéré les violentes charges de Thierry Mariani, à l'époque où il était ministre des Transports de Nicolas Sarkozy. © AFP / Bertrand GUAY

Ainsi, les historiques du FN n'ont pas encore digéré les violentes charges de Thierry Mariani, à l'époque où il était ministre des Transports de Nicolas Sarkozy.

En novembre 2011 sur France Inter, il disait par exemple : "Ce vote du Front national n'apporte aucune solution. Madame Le Pen exploite la désespérance, exploite effectivement des formules mais n'apporte aucune solution (...) et donc je m'adresse dans Minute aux électeurs du Front national pour leur dire : 'vous faites fausse route'".

À l'époque, Thierry Mariani vote sans broncher la ratification du traité européen de Lisbonne, la bête noire du Front national.

Cette volte-face passe donc mal chez certains, d'autant plus que l'ancien ministre UMP continue d'émettre des nuances, même après son ralliement. Lors de la conférence de presse qu'il a tenu pour annoncer les raisons de ce choix, il s'est permis de critiquer le projet économique de Marine Le Pen.

"Le programme du Rassemblement national aux présidentielles, c'est évident, je ne suis pas d'accord." Thierry Mariani

Et l'ancien député du Vaucluse a ajouté : "aujourd'hui, on n'est pas dans le programme économique aux présidentielles -on verra dans trois ans- et je constate qu'il y a une vraie évolution désormais au Rassemblement national vers la réalité." Sous-entendu, ils reviennent peu à peu sur Terre. Cette phrase est très mal passée en interne.

Ce n'est pas une surprise. Thierry Mariani est beaucoup moins étatiste, beaucoup plus libéral que Marine Le Pen. Il était par exemple favorable à la réforme de la SNCF. Plusieurs élus du RN craignent donc très vite des sorties de route et des polémiques aussi sur ses liens avec la Russie et la Syrie.

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