Si Nicolas Hulot assure sur France Inter vouloir éviter que son départ soit un angle d'attaque contre le gouvernement, la réalité est toute autre. Depuis l'annonce de sa démission, les réactions se multiplient pour y voir un désaveu de la politique environnementale de l'exécutif.

Nicolas Hulot avec Emmanuel Macron en juin 2018, il y a deux mois, il y a une éternité
Nicolas Hulot avec Emmanuel Macron en juin 2018, il y a deux mois, il y a une éternité © AFP / Fred Tanneau

Ce n'est pas tous les jours que le deuxième ministre le plus important d'un gouvernement (d'un point de vue protocolaire, Nicolas Hulot est ministre d'État, donc devant les ministres de la Justice ou de l'Économie, par exemple) claque la porte à la surprise générale. Une fois cette dernière passée, les réactions ne se sont pas fait attendre, en particulier du côté de l'opposition.

À gauche comme à droite, on rend hommage à cette soudaine prise de conscience du ministre de la Transition énergétique. Les écologistes comme Yannick Jadot lui disent leur "sympathie" et saluent son "courage".

Même hommage du côté des socialistes, ex-socialistes et chez la France Insoumise. Éric Coquerel "salue son départ" en refusant de s'en réjouir, Benoît Hamon évoque "une décision courageuse", Alain Juppé "sa hauteur de vue et la noblesse de sa démarche".

Un symbole de l'urgence écologique

Plus largement, au-delà de la personne de Nicolas Hulot, beaucoup en font un signe inquiétant pour la nécessaire lutte pour la transition énergétique. Pierre Laurent y voit "un aveu d'échec" et "la fin d'une illusion", Olivier Faure "une trahison d'un pouvoir qui a abandonné toute référence au progressisme et à l'écologie".

D'autres en tirent principalement, voire exclusivement, des conséquences politiques. Jean-Luc Mélenchon, par exemple, qui y voit une "confirmation du diagnostic" qu'il tirait samedi dans son discours, et le début d'une "décomposition" de la "macronie". Stéphane Le Foll souhaite que ce départ serve de base au Parti socialiste pour "faire des propositions pour un projet écologique". Pour Marine Le Pen, point de référence à l'écologie, mais "aux critères de Maastricht, à l'économie financiarisée".

Laurent Wauquiez, lui, préfère ne pas commenter plus largement ce départ.

La majorité déstabilisée

Du côté de la majorité, on regrette globalement (mais timidement) la démission de Nicolas Hulot. Benjamin Griveaux, porte-parole du gouvernement, semble la trouver injuste et estime que "l'écologie est un travail de longue haleine", devant lequel Nicolas Hulot se serait montré trop impatient.

François de Rugy, lui, se situe presque sur la même ligne que certains membres de l'opposition, en "saluant l'action" du ministre démissionnaire et en rappelant la nécessité "des transformations écologiques profondes".

Et Emmanuel Macron dans tout ça ? Son dernier tweet remonte à la veille, et il y évoquait... la lutte contre le glyphosate. Un des combats (et points de désaccord) de son ministre sur le départ.

A suivre ►► édition spéciale de 13h à 14h avec Yannick Jadot 

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