[scald=81905:sdl_editor_representation]PARIS (Reuters) - François Hollande, dont le programme présidentiel s'ébauche dans la confusion, s'est attiré mardi une nouvelle salve de Nicolas Sarkozy en évoquant un projet de réforme du quotient familial, symbole français que l'UMP l'accuse de vouloir anéantir.

Le chef de l'Etat s'est emparé du sujet pour dénoncer "une folie" et le camp présidentiel, qui avait démontré sa promptitude à la riposte, toutes proportions gardées, lors de la polémique sur le "sale mec" (expression associée parodiquement à Nicolas Sarkozy par François Hollande) a récidivé.

Le quotient familial, mesure nataliste instaurée par la loi de finances du 31 décembre 1945, profite aux 50% de foyers acquittant l'impôt sur le revenu, les principaux bénéficiaires étant ceux qui sont à la fois les plus aisés et ont un grand nombre d'enfants. Son coût annuel est estimé à dix milliards d'euros par an.

C'est Harlem Désir, numéro deux du PS, qui a amorcé la mèche en annonçant lundi que la suppression de cet avantage fiscal figurait au nombre des engagements du candidat socialiste.

Michel Sapin, chargé du projet socialiste, a confirmé mardi l'objectif d'un remplacement du quotient familial, peut-être par un crédit d'impôt. Une mesure de justice fiscale, a-t-il plaidé.

Mais peu après 16h00, François Hollande précisait sur son compte Twitter que son intention n'était pas d'abroger, mais de "transformer" le quotient familial, de le "moduler" a-t-il dit ensuite à des journalistes.

"Je veux favoriser la réconciliation des Français. Je veux redistribuer pour que les aides aillent à toutes les familles", écrit-il.

Après l'imbroglio sur le nucléaire ou la mise au point embarrassée sur la taxe Tobin, l'épisode renvoie de nouveau une impression de désordre dans le camp socialiste.

Dans les rangs de la majorité, on s'empressait de relever un "cafouillage" révélateur de l'indécision supposée du candidat socialiste.

Réponse du député Claude Bartolone, chargé des relations extérieures dans l'équipe de François Hollande, sur i> Télé : "Je ne pense pas qu'on puisse être plus clair que ce qu'a été la position annoncée par François Hollande lui-même".

L'UMP PILONNE HOLLANDE

"Il n'est plus supportable que lorsqu'il y a une dépense consentie par la nation ce sont les foyers les plus favorisés qui en profitent", a-t-il déclaré.

Le président, le Premier ministre et le gouvernement ont dénoncé un raisonnement "dévastateur".

Lors de la présentation de ses voeux à la France "solidaire", à Mulhouse (Haut-Rhin), Nicolas Sarkozy, qui n'est toujours pas officiellement candidat, a déclaré qu'"abroger le quotient familial aurait des conséquences absolument dramatiques pour la politique familiale de la Nation".

Lors de la réunion du groupe UMP à l'Assemblée, François Fillon a estimé que François Hollande s'en prenait systématiquement aux "atouts" de la France.

Christian Jacob, président du groupe UMP à l'Assemblée, a saisi l'occasion de la séance des questions d'actualité au gouvernement pour interroger la ministre du Budget sur le sujet.

"Cette proposition serait un véritable coup de massue sur les classes moyennes et sur les familles", a dit Valérie Pécresse.

"C'est à partir de trois smics (...) que les familles seraient taxées. Retenez-bien ce chiffre, il vous rappelle peut-être quelque chose : en 2007 François Hollande l'avait dit, on est riche en France quand on est un ménage qui gagne 4.000 euros" nets par mois", a-t-elle ajouté.

"Avec sa réforme du quotient familial, François Hollande planifie une véritable destruction de la famille", a déclaré Christine Boutin, présidente du Parti chrétien-démocrate.

Selon une simulation de la direction du Trésor, si un crédit d'impôt forfaitaire remplaçait le quotient familial, la moitié la plus riche de la population française reverserait 3,5 milliards d'euros à la moitié la plus pauvre.

Cinq milliers de foyers y seraient gagnants (à hauteur de 829 euros par an en moyenne), un peu moins de 4,5 millions de foyers seraient perdants (à hauteur de 931 euros en moyenne). Pour près de deux tiers des ménages, la réforme serait neutre.

Sophie Louet avec Service France, édité par Yves Clarisse

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