Le Front national se réunit en université d'été ce week-end à Marseille. Le parti compte ravir des mairies et bousculer le Parti socialiste et l'UMP lors des élections municipales de 2014, pour lesquelles il a déjà investi 623 têtes de liste qui ont pour mission de faire élire des centaines de conseillers municipaux.

le fn veut gérer des municipalités
le fn veut gérer des municipalités © reuters

Le parti de Marine Le Pen, qui fera sa rentrée politique lors de son université d'été le week-end prochain à Marseille, se sent le vent en poupe et a rendu publique mardi une charte pour tenter de nouer des alliances à droite mais aussi à gauche.

L'ex-Premier ministre UMP François Fillon, qui a appelé à voter pour "le moins sectaire" des candidats en cas de duel entre le PS et le FN au second tour, a donné du crédit à cette initiative frontiste, toutefois prévue de longue date. Dans ce document intitulé "Charte d'action municipale au service du peuple français", le parti réaffirme sa volonté de constituer une "véritable alternative politique, nationale et locale" et pose 10 principes préalables à des alliances.

Il mise surtout sur des élus divers droite ou sans étiquette tentés de gagner avec le FN, plutôt que de perdre sans lui. Dans le viseur des stratèges du FN : la quarantaine de villes moyennes touchées par la crise où le parti a dépassé les 40% au premier tour des législatives de 2012.

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Plusieurs analystes estiment que l'idée de front républicain contre le FN ne passe plus au sein de l'électorat et que les partis de gouvernement vont devoir revoir leur stratégie. Anticipant l'arrivée de nombreux élus dans des municipalités, le parti a annoncé jeudi la création d'un Comité de gestion et de suivi des administrations (CGSA), qui sera animé par Steeve Briois, son secrétaire général.

"Ne rien laisser au hasard"

Le FN a publié dans une communiqué:

La création de cette cellule atteste de la volonté du Front National de ne rien laisser au hasard, d'anticiper notre arrivée aux commandes dans certaines municipalités et d'y assurer une bonne gestion.

Le directeur de campagne des municipales, Nicolas Bay, a dressé pour sa part le profil des 623 têtes de liste déjà investies, dont 514 dans des communes comptant plus de 3.500 habitants. Il précise que 14% des candidats ont moins de 30 ans et 26% moins de 40 ans, conformément à la volonté du parti de présenter des jeunes au profil irréprochable, comme son porte-drapeau de 23 ans arrivé en juin en seconde position de la législative partielle de Villeneuve-sur-Lot, ancien fief de Jérôme Cahuzac.

Signe de renouvellement, 32% de ces têtes de liste investies sont des "primo-candidats" n'ayant jamais été candidat titulaire ou tête de liste à une élection. Parmi les investis figurent de nombreuses personnes issues d'autres formations politiques : 49 têtes de liste sont des anciens militants, candidats ou élus locaux de l'UMP, de l'UDF ou du MoDem ; 18 sont issus de mouvements souverainistes ; et 27 sont issus du PS, du PCF ou même du Nouveau parti anticapitaliste.

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Dans les 39 villes françaises les plus importantes, comptant 100.000 habitants ou plus, le FN est presque totalement en ordre de bataille puisque 33 têtes de listes ont déjà été désignées. Le FN rêve de s'imposer comme la seconde force politique à Marseille, la deuxième ville de France où il organise son université d'été et où, malgré un terrain très favorable, ses résultats municipaux ont toujours été décevants.

Son candidat Stéphane Ravier, 43 ans, jusque-là peu connu, semble avoir en effet réalisé une percée ces derniers mois. Un récent sondage Ifop pour le Journal du dimanche le place en deuxième position derrière le maire UMP Jean-Claude Gaudin, avec 25% des voix.

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