Des élus du Front National contournent, en toute légalité, les règles très strictes du parlement européen en matière d'emploi des assistants parlementaires

Le FN a-t-il trouvé une manière de contourner les règles en matière d'emploi des assistants parlementaires ?
Le FN a-t-il trouvé une manière de contourner les règles en matière d'emploi des assistants parlementaires ? © Maxppp / Patrick Lefevre

A Strasbourg, il est interdit aux élus européens d'embaucher leur conjoint ou leur neveu, ou tout parent proche, pour travailler à leurs côtés. C’est clairement indiqué sur le site du Parlement :

Les députés ne peuvent pas engager de parents proches comme assistants. Leurs assistants doivent éviter les activités externes susceptibles de créer un conflit d'intérêts.

Le FN semble avoir trouvé une solution tout à fait légale pour contourner l'interdiction : les emplois familiaux croisés. C’est-à-dire faire recruter un membre de sa famille par un autre parlementaire de son parti. Sur les vingt élus Front National à Strasbourg, deux sont concernés par cette pratique.

Laurent Guiniot, le mari de la député européenne Mylène Troszczynski, est employé par Joëlle Mélin, une autre euro-députée FN.

Même cas de figure pour Philippe Chevrier. Le compagnon de Marie-Christine Arnautu est l'assistant de Marie-Christine Boutonnet, députée européenne de ce même parti.

Un détournement légal, mais pas nécessairement moral

C'est l'avis en tout cas de l'ancien vice-président Europe Ecologie Les Verts du Parlement européen Gérard Onesta. Il est à l'origine de la rédaction du statut actuel des assistants parlementaires à Strasbourg.

C’est une façon de contourner, la règle l'éthique s'appuie sur le bon sens populaire

Réponse deBruno Bilde, le fils de l'eurodéputé FN Dominique Bilde et assistant parlementaire pendant deux mois de Sophie Montel : "La pratique est légale, ma mère ne m'a jamais pistonné, et au Front National, comme ailleurs, on a toujours fait de la politique en famille".

La question des attachés parlementaires au parlement européen est un sujet sensible au Front National. L'affaire, toujours en cours, concerne la vingtaine d'assistants parlementaires d'élus du Front national au Parlement européen, soupçonnés de ne pas assumer leurs fonctions à Strasbourg ou Bruxelles mais d'être des permanents du parti de Marine Le Pen. Marine le Pen dénonçant une persécution politique.

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