Marine Le Pen lors de sa dernière prise de parole officielle lors de ses voeux
Marine Le Pen lors de sa dernière prise de parole officielle lors de ses voeux © CHAMUSSY/SIPA

Dans son rapport annuel, la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques (CNCCFP) estime que le Front National a déclaré des comptes de campagne surévalués à hauteur 1,2 millions d’euros.

Des comptables à la main un peu lourdes. Après un examen des comptes de campagne du Front National, la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques (CNCCFP) a décidé de ne pas rembourser 12% des dépenses engagées par les candidats FN soit 1,2 millions sur les 9,5 millions réclamés à l’Etat. La Commission s’étonne notamment des frais d’experts comptable facturés aux candidats de 1,5 millions d’euros , des frais d’impression et de publication et de "personnalisation" d’un journal de campagne de huit pages, avec seulement une page personnalisée.

En 2014 déjà, une enquête était ouverte sur le financement des campagnes législatives et présidentielles de 2012. Les investigations s’étaient terminées en janvier, avec sept mises en examen dans l’entourage de Marine Le Pen.

Au cœur du mécanisme de financements occulte soupçonnés par les juges: le micro-parti "Jeanne" de Marine Le Pen et la société Riwal de son ami Frédéric Chatillon . Dans les faits, Riwal facture des prestations à "Jeanne", qui, par la suite, les refactures à ses candidats via un prêt avec intérêt. Après chaque scrutin, les candidats sont remboursés par l’Etat. Ils remboursent le micro-parti Jeanne, qui encaisse de petits intérêts.

Dans ces prestations, il y a notamment des kits de campagnes imposées aux candidats, l’impression d’affiches, les sites internet plus ou moins surfacturées. Ce mécanisme utilisé en 2012 a été reproduit aux départementales de 2015 , pour les 1900 candidats FN. En 2012 déjà, la Commission des comptes de campagne avait jugé excessivement cher et surévaluées les comptes de campagne du Front National.

Du côté du Front National, le trésorier Wallerand de Saint-Just estime qu'il n'y a pas eu de surfacturation.

Dans le rapport annuel publié ce mardi, la Commission ne va pas plus loin. S’il y a "surfacturation", c’est du côté du prestataire de Jeanne, la société Riwal appartenant à l’ami d’enfance de Marine Le Pen, Frédéric Chatillon. Cette société est hors des compétences de la Commission. En revanche, la justice pourrait bien lancer une nouvelle enquête sur le financement de la campagne départementale de 2015.

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