[scald=75575:sdl_editor_representation]PARIS (Reuters) - Le gouvernement a demandé mardi la fin de la grève des agents de sécurité qui perturbe depuis cinq jours certains des aéroports les plus actifs de France au moment des vacances de fin d'année et devient un prétexte à affrontement politique droite-gauche.

L'opposition socialiste s'est ainsi saisie de ce mouvement pour critiquer le gouvernement qui a relancé le débat sur la mise en place d'un service minimum dans le secteur aérien.

Deux médiateurs ont été nommé lundi soir pour tenter de trouver une issue au mouvement des agents de la sécurité aéroportuaire, qui touche particulièrement l'aéroport de Lyon-Saint-Exupéry et le terminal 2 de Paris-Charles-de-Gaulle.

"Nous voulons que cette grève cesse. Nous voulons que cesse cette prise d'otages des usagers qui partent en vacances", a déclaré la porte-parole du gouvernement, Valérie Pécresse, sur LCI.

"Nous avons une matinée de dialogue que nous espérons fructueuse, il faut que la grève se termine", a ajouté la ministre du Budget, qui a assuré que le gouvernement était "totalement déterminé" à faire en sorte que les usagers puissent partir en vacances dans de bonnes conditions.

"Je ne spécule pas sur le pire, je spécule sur la responsabilité de tous les acteurs", a-t-elle souligné.

Elle a confirmé que le gouvernement était favorable à la proposition de loi du député UMP Eric Diard visant à imposer aux salariés du secteur du transport aérien de déclarer toute grève au moins deux jours à l'avance.

La ministre de l'Ecologie, Nathalie Kosciusko-Morizet, qui est aussi chargée des transports, avait déclaré lundi qu'elle réévaluerait la situation mardi à la mi-journée et étudierait "toutes les solutions".

DIALOGUE SOCIAL

Les syndicats des sociétés de sûreté des aéroports, qui emploient environ 10.000 personnes, demandent des hausses de salaires et l'amélioration des conditions de travail. Ils ont reconduit leur grève pour ce mardi et annoncé un durcissement.

La direction de l'aéroport de Lyon a cependant assuré que l'ensemble des vols "devraient être opérés", tandis qu'à Nice, un journaliste de Reuters ne signalait aucune perturbation.

La première secrétaire du PS Martine Aubry a déploré que le gouvernement ne réagisse que lorsque le conflit bat son plein.

"Le service minimum, la droite en parle toujours en plein moment de crise", a-t-elle déclaré sur RTL.

"Ce n'est pas au moment où les Français vont partir en vacances - et on peut comprendre leur exaspération - qu'il faut s'inquiéter du fait que les salariés de ces entreprises privées de sécurité soient dans la précarité et de mauvaises conditions de travail", a-t-elle ajouté.

Pour le député Pierre Moscovici, directeur de campagne du candidat socialiste à la présidentielle, François Hollande, c'est "l'absence de dialogue social" qui est en cause.

"Cette grève n'aurait pas dû avoir lieu", a-t-il déclaré sur France Info. "François Hollande, au cours de sa campagne électorale, insistera sur la démocratie sociale."

Emmanuel Jarry, avec Pierre Thébault à Nice, édité par Patrick Vignal

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