[scald=61287:sdl_editor_representation]PARIS (Reuters) - Le gouvernement français a écarté l'instauration d'une seconde journée de solidarité pour son plan d'équilibre des finances publiques, qui sera présenté lundi par François Fillon, a annoncé dimanche François Baroin.

Invité du "Grand Jury" RTL-LCI-Le Figaro, le ministre de l'Economie et des Finances a déclaré que la suppression des niches fiscales se poursuivrait en revanche afin de contenir le déficit public français dans un contexte de ralentissement économique.

François Baroin a précisé que la France "ferait tout" pour atteindre son objectif de croissance pour 2012 - révisé à la baisse à 1% du PIB - mais que "la prudence" était de mise en la matière en raison de l'incertitude internationale.

Le plan dévoilé lundi à 12h00 par le Premier ministre sera équilibré entre dépenses et recettes, a-t-il dit, alors que la France table sur six à huit milliards d'économies supplémentaires.

La création d'une seconde journée de solidarité après celle créée en 2004 par Jean-Pierre Raffarin, une piste évoquée dans la presse, est exclue.

"C'est une piste qui ne sera pas retenue puisque le sujet du temps de travail est suffisamment important au regard de la vitalité de notre démocratie sociale", a expliqué le ministre.

"La question du temps de travail n'est pas en elle-même une question taboue, mais nous sommes dans une démocratie sociale active et ce n'est pas un sujet que l'on peut prendre à la légère, qui nécessite des discussions" avec les partenaires sociaux et économiques, a-t-il dit.

A six mois de l'élection présidentielle, "il n'est pas adapté à la situation présente d'ouvrir un tel débat à travers une mesure du style, une 'journée de solidarité' en plus".

Le ministre a refusé de se prononcer sur une possible hausse de la TVA de 5,5% à 7% dans un certain nombre de secteurs comme la restauration, la construction ou les services à la personne. Une mesure qui rapporterait environ un milliard d'euros par an.

Le ministre des Affaires étrangères Alain Juppé, sur Europe 1 et i-télé, et le secrétaire général de l'UMP Jean-François Copé, sur France 5, ont toutefois préparé les esprits à une telle mesure en estimant que la TVA avait des effets bénéfiques sur l'emploi et le commerce extérieur.

PAS "UNE ADDITION DE MESURETTES SYMBOLIQUES"

"Nous allons poursuivre es réformes de structure et nous allons poursuivre la politique de réduction de niches fiscales", a dit François Baroin.

Le gouvernement "remet en cause non pas des avantages acquis mais des mesures qui ne sont plus adaptées à la situation de notre déficit. Même chose pour les niches sociales", a-t-il justifié.

"Ce n'est pas un plan pour amuser la galerie pour 24 heures d'animation médiatique, et ça n'est pas une addition de mesurettes symboliques qui visent simplement à montrer à telle ou telle agence de notation que nous serons au rendez-vous de ce que nous avons dit", a souligné François Baroin.

"C'est un plan qui s'inscrit dans une stratégie établie depuis au moins deux ans et qui va se poursuivre sur les quatre années qui viennent", a-t-il dit.

Le gouvernement de François Fillon, a-t-il poursuivi, ne travaille pas sur une hypothèse de récession - "Aujourd'hui non, clairement non".

Il se fonde sur une "hypothèse d'activité économique ralentie du fait de l'ambiance internationale, mais qui produira néanmoins les recettes nécessaires".

Ce plan d'austérité qui ne dit pas son nom, après les mesures d'économies annoncées le 24 août, sera "équitable", a assuré François Baroin.

L'effort, a-t-il affirmé, est "porté le plus possible par celles et ceux qui ont le plus de moyens" et "n'abîme pas notre Etat providence et notre solidarité".

François Baroin s'est montré très prudent sur les perspectives de croissance de la France, laissant entendre que l'objectif de 1% pourrait ne pas être atteint en 2012.

"Nous ferons tout pour atteindre cet objectif de croissance. Tout ne dépend pas que de nous, ni que de notre politique", a-t-il prévenu.

"La prudence est de mise en France, elle est de mise en Allemagne qui a elle-même corrigé ses perspectives de croissance dans les mêmes proportions que nous avec les mêmes estimations que les nôtres", a-t-il dit.

Sophie Louet

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