Sauf bouleversement, ce "grand débat national" devrait être lancé ce mardi, avec plusieurs méthodes pour recueillir les opinions et idées des Français. Dans l'opposition, on s'inquiète déjà de voir un débat verrouillé et insipide, où certains thèmes seront tout simplement ignorés. Certains envisagent même le boycott.

Cahier de doléances pour le grand débat national à Lens
Cahier de doléances pour le grand débat national à Lens © Maxppp / PHOTOPQR/VOIX DU NORD

Dans le cadre de ce "grand débat national", les citoyens qui le souhaitent pourront organiser des réunions partout en France. Une plateforme numérique va aussi être mise en place, autour de quatre thèmes : fiscalité, transition écologique, citoyenneté et organisation de l'État. En revanche, d'autres sujets sont proscrits, comme l'IVG, la peine de mort, le mariage pour tous ou encore la réforme de l'ISF.

C'est ce verrouillage que dénoncent les partis d'opposition, certains prônant même le boycott. Éric Coquerel, de la France Insoumise, assure ainsi qu'aucun cadre du mouvement ne participera à cette "entourloupe destinée a enterrer les gilets jaunes". Même point de vue pour son collègue député Alexis Corbière, qui prédit "un grand flop".

Boycott aussi de Nicolas Dupont-Aignan, pour qui ce débat est "une baudruche déjà dégonflée", et du Rassemblement national. "Nous n'y croyons pas", disait la semaine dernière le porte parole Sébastien Chenu. "Nous laisserons le rôle de potiche à En Marche et aux Républicains."

Pas de conviction, mais "pas d'entrave" non plus

En effet, si dans l'opposition tous regrettent et contestent le "verrouillage" du débat, certains, comme Les Républicains, défendent une attitude plus "positive" : "notre objectif c'est de sortir du chaos, de tout faire pour que les choses s'arrangent", explique ainsi la porte-parole Laurence Saillet. Dans de nombreuses communes, les élus LR vont donc prêter main forte et ouvrir leurs mairies.

Les communistes et les socialistes se disent eux aussi prêts à participer. "Il n'y aura pas d'entrave", promet Olivier Faure, Premier secrétaire du PS. Mais il tient quand même à prévenir le gouvernement : "il serait tragique que ce débat soit un enfumage".

Du côté de La République en Marche, la participation sera évidemment bien plus directe : la majorité parlementaire participera au débat sous forme de contribution, avec pour chaque grand thème, un groupe de travail qui vient d'être créé.

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