[scald=219935:sdl_editor_representation]par Patrick Vignal

PARIS (Reuters) - Trois milliards d'euros d'économies sont à réaliser sur le projet de remodelage du réseau ferré francilien, a déclaré mercredi Jean-Marc Ayrault, donnant ainsi un nouveau coup de frein au pharaonique Grand Paris dont rêvait Nicolas Sarkozy.

Si la révolution ferroviaire elle-même, destinée à désengorger un réseau vieilli et saturé qu'empruntent quotidiennement plus de 8,5 millions de voyageurs, n'est pas remise en cause, elle devra se faire à coût réduit.

Le coût de ce "Grand Paris Express", estimé en 2008 par le gouvernement Sarkozy à 20,5 milliards d'euros, est en fait de 29,9 milliards d'euros aux conditions économiques actuelles, a déclaré le Premier ministre dans un discours prononcé à Champs-sur-Marne, à une vingtaine de kilomètres à l'est de Paris.

La Société du Grand Paris, établissement public en charge des infrastructures de transport, devra un présenter un plan permettant de réduire la facture de trois milliards, a-t-il dit.

"Le projet coûte en effet beaucoup plus cher que ce qui avait été annoncé par le gouvernement précédent", a expliqué Jean-Marc Ayrault. "Nous avons toutefois décidé de l'optimiser, notamment en développant des métros aux capacités adaptées là où c'est justifié, et nous pourrons économiser trois milliards d'euros".

Certains tronçons, notamment la desserte du plateau de Saclay, à une vingtaine de kilomètres au sud de la capitale, ne nécessitent pas un transport de très grande capacité, fait-on valoir de source proche du projet, désormais rebaptisé Nouveau Grand Paris. Sur ces itinéraires, un transport automatique de capacité adaptée est une bien meilleure solution, ajoute-on.

Le chantier le plus spectaculaire, une nouvelle ligne de métro souterrain automatique ceinturant Paris, sera achevé, comme l'ensemble du projet, à l'horizon 2030, a assuré Jean-Marc Ayrault.

LE RÊVE BRISÉ DE SARKOZY

Les promoteurs du Grand Paris voulaient dans un premier temps redessiner radicalement la région capitale pour transformer une métropole alanguie en un pôle urbain dynamique à l'image de New York, Londres, Tokyo, Shanghai ou Hong Kong.

La ministre de l'Egalité des territoires et du Logement, Cécile Duflot, avait brisé leur rêve en déclarant en juin dernier qu'il fallait d'abord améliorer le quotidien des Franciliens en mettant l'accent sur les transports et le logement.

"Le Grand Paris ne sera pas Dubaï-sur-Seine", avait alors dit Cécile Duflot, lors de l'une de ses rares interventions sur un dossier qui continue de susciter débats et controverses, plus de cinq ans après son lancement par Nicolas Sarkozy.

Si le Paris du futur avec ses tours gigantesques et ses "pôles d'excellence" n'est plus d'actualité dans un contexte économique morose, l'ambition de transformer la "ville lumière" en métropole demeure, a assuré mercredi Jean-Marc Ayrault.

"L'espace métropolitain doit se structurer de manière privilégiée autour de grandes intercommunalités", a dit le Premier ministre.

La coopération entre Paris et une trentaine de pôles, de 200.000 à 300.000 habitants chacun, sera renforcée à travers la création, le 1er janvier 2016, d'un établissement public, la Métropole de Paris, a-t-il précisé.

Cette nouvelle structure, qui devrait être coiffée par un conseil métropolitain, aura notamment pour but de développer la solidarité entre les zones les plus favorisées et les moins biens loties de l'agglomération parisienne, au sein de laquelle les écarts sont considérables.

L'instance politique, dont la création est inscrite dans le projet de loi sur la décentralisation, disposera d'une enveloppe pour aider les maires de banlieue à bâtir pour viser l'objectif de 70.000 nouveaux logements par an fixé par la loi sur le Grand Paris de 2010.

Edité par Yves Clarisse

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