françois bayrou annonce que le contrat modem-udi est prêt
françois bayrou annonce que le contrat modem-udi est prêt © reuters

L'Union des démocrates et indépendants (UDI) de Jean-Louis Borloo et le Mouvement démocrate (MoDem) a été officialisée cemardi après-midi.

L'union a un nom "UDI-MoDem, l'alternative" ! Les "jeunes" mariés se proposent de "protéger la France des extrêmes", promettent "de se présenter ensemble à toutes les élections, nationales, régionales et européennes" et -probablement plus difficile-, de "désigner en commun leur candidat à l'élection présidentielle".

Les anciens frères ennemis du centrisme, qui étaient séparés depuis 11 ans proposent, dans leur charte d'union élaborée ces deux derniers mois, une "alternative" visant à protéger la France des extrêmes sur la base d'une alliance "impossible avec le PS" et d'un partenariat "naturel" avec la droite républicaine.

"Je suis très heureux autant pour des raisons politiques que pour des raisons humaines", a lancé François Bayrou. "Nous avons choisi de faire une oeuvre de construction en commençant par une réconciliation", a-t-il dit."Au fond, nous sommes des indécrottables progressistes. Nous croyons qu'on peut changer vraiment les choses, que la politique, ça peut permettre de changer les choses", a souligné Jean-Louis Borloo.

Le centre réunifié compte tirer son épingle du jeu entre un Parti socialiste confronté à la dure réalité économique et une UMP divisée entre ses chefs et parfois accusée de chasser sur les terres du Front national.

Toute alliance avec le PS sera impossible: les détails avec Stéphane Leneuf

Ce partenariat est le résultat d'un rapprochement engagé l'été dernier entre François Bayrou et Jean-Louis Borloo, qui ont dû faire des concessions mutuelles. Ainsi, en septembre, François Bayrou, qui, au grand dam de l'UMP, avait appelé à voter pour François Hollande au second tour de la présidentielle de 2012, avait dit se situer dans "l'opposition constructive" à la majorité de gauche, rejoignant ainsi l'UDI, qui se positionne au centre-droit.

De son côté, Jean-Louis Borloo n'a pas tari d'éloges à l'adresse de celui qu'il critiquait il y a quelques mois à peine et a réussi à rallier à l'union la quasi totalité des ténors de son parti, à l'exception du député François Sauvadet. Issus de l'Union pour la Démocratie française (UDF), créée en 1978 par Valéry Giscard d'Estaing afin de faire contrepoids au RPR néo-gaulliste de Jacques Chirac, les deux hommes ont divergé ces dernières années.

Pour Hervé Morin, "le centrisme c'est pas au milieu de nulle part"

L'ancien ministre du gouvernement Fillon assure que les centristes ont "un projet politique qui mène à un accord avec la droite républicaine".

Il était l'invité de Claire Servajean dans notre journal de 13h.

En 2002, une partie de l'UDF, dont Jean-Louis Borloo, a rejoint l'UMP créée par Jacques Chirac. En 2007, les trois quarts des troupes de l'UDF ont rejoint l'UMP Nicolas Sarkozy et ont créé le Nouveau centre (NC). En septembre 2012, Jean-Louis Borloo, membre du Parti radical, une composante de l'UDF puis de l'UMP, a quitté l'UMP pour créer l'Union des démocrates et des indépendants (UDI).

Le regroupement du centre irrite l'UMP, qui n'a pas pardonné à François Bayrou d'avoir refusé de soutenir Nicolas Sarkozy en 2012 mais aussi en 2007, et voit une concurrence nouvelle émerger sur le centre de l'échiquier politique. Pour Christian Jacob, le président du groupe UMP de l'Assemblée, ce regroupement du centre est "un petit arrangement de boutiquiers".

Plusieurs élus UDI affirment de leur côté que Nicolas Sarkozy et ses amis ont multiplié les pressions pour que ce rapprochement n'aboutisse pas. Le MoDem, qui regroupe beaucoup moins d'élus que l'UDI, a su ménager ses arrières pour les élections dites intermédiaires, notamment les municipales du printemps prochain.

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