Alors que l'idée n'est officiellement sur les rails que depuis quelques jours, l'exécutif cherche déjà celui ou celle qui pourra diriger la Fondation pour l'Islam de France.

Le nom de Jean-Pierre Chevènement est avancé pour diriger la Fondation pour l'Islam de France
Le nom de Jean-Pierre Chevènement est avancé pour diriger la Fondation pour l'Islam de France © Maxppp / TPA

Jean Pierre Chevènement à la tête de la Fondation pour l’Islam de France ? C’est la proposition lancée ce mardi soir par François Hollande. Le Président de la République verrait bien à sa tête celui dont il est proche en politique, ancien ministre de l’Intérieur de Lionel Jospin et défenseur invétéré de la laïcité, c’est lui qui est à l’origine de la reconnaissance politique de l’Islam en France. C’était en 1999, le lancement pour la première fois d’un processus de consultation des organisations de cette communauté, certains y voient le premier pas vers la création du Conseil Français du Culte Musulman (CFCM) en 2003.

Mais la proposition de François Hollande a immédiatement fait réagir. La ministre des Droits des Femmes, Laurence Rossignol, préfèrerait qu’une femme de culture musulmane soit nommée à la tête de l’organisation. « Le bon profil [pour ce poste], c'est d'abord quelqu'un de culture musulmane, qui ait une connaissance de la subtilité humaine de l'islam, quelqu'un de laïc, et peut-être le meilleur profil, ce serait une femme également », a-t-elle déclaré ce mercredi matin sur France Info.

« Nos concitoyens musulmans ne sont pas sous tutelle »

« Je pense que ce serait bien qu'une femme puisse confronter les textes, la culture, la vie, le quotidien des femmes musulmanes et puisse aussi porter cette dimension d'égalité femme-homme, qui est une dimension moderne et républicaine qui doit aujourd'hui concerner l'ensemble des religions », a-t-elle poursuivi, estimant qu'il y avait « un sujet dans toutes les religions sur leur rapport aux femmes ».

Pour la sénatrice UDI Nathalie Goulet, rapporteure de la mission d’information sur l’organisation et le financement de l’Islam en France, ce n’est pas au Président de la République de choisir celui ou celle qui dirigera la Fondation. « On n’est pas dans un système colonial, nos concitoyens de confession musulmane peuvent choisir eux-mêmes leurs dirigeants, ils ne sont pas sous tutelle » explique-t-elle. « J’ai infiniment de respect pour Jean-Pierre Chevènement, qui est une vraie voix, qui est une figure très charismatique, mais il y a beaucoup de gens qui sont tout à fait capables au sein des communautés musulmanes de France ».

Un nom, selon Nathalie Goulet, pourrait répondre à tous ces critères : celui de Bariza Khiari, sénatrice socialiste de Paris. Âgée de 69 ans, originaire d’Algérie, elle est décrite comme une laïque républicaine convaincue, et fait partie des personnalités musulmanes qui ont lancé un appel le week-end dernier dans le Journal du Dimanche pour une responsabilisation de la communauté musulmane.

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