Congrès de Versailles
Congrès de Versailles © MaxPPP / Christophe Bertolin

Face aux attentats les plus meurtriers jamais commis en France, François Hollande a choisi de s'exprimer pour la première fois lundi après-midi devant le Congrès à Versailles pour exposer sa riposte qui va inclure un état d'urgence de trois mois. Le président doit également tenter de maintenir une union nationale fragile et répondre aux Français qui demandent que els actes succèdent aux annonces.

C'est à 16h00 que le président s'adressera aux sénateurs et députés réunis au château de Versailles, scénario intervenu une seule fois depuis 1848: en 2009, sous Nicolas Sarkozy, après une révision de la Constitution permettant cette prise de parole présidentielle. Depuis les attentats du 11 janvier, le président et le gouvernement n'ont cessé de promettre la plus grande fermeté, mais elle n'a pas empêché les événements tragiques de vendredi. Cette fois, François Hollande n'a plus le choix : les Français attendent des actes et les annonces devront être mis en œuvre.

Après les attentats du début d'année, toute une série de mesures avaient été annoncées. Alors certes, la loi "Renseignement" a été adoptée. Mais d'autres "dispositifs de défense" avaient été envisagés par le gouvernement. Les imams radicalisés par exemple, devaient être rapidement expulsés. Or, en 10 mois, ils ne l'ont pas tous été, loin de là.

De même, une structure devait être mise en place pour prendre en charge ces djihadistes, de retour en France. Sauf qu'aujourd'hui, rien n'a encore été ouvert.

Le problème, c'est qu'aujourd'hui les Français s'impatientent, qu'ils sont inquiets, c'est ce que perçoivent les élus sur le terrain. Après les attaques contre Charlie Hebdo et l'Hyper casher , ils pensaient que toutes les dispositions nécessaires avaient été prises et qu'ils étaient protégés. Avec les attentats de vendredi, ils ont bien compris que ce n'était pas le cas.

Pour François Hollande aujourd'hui, il s'agit donc de convaincre, pas seulement avec des mots cette fois. Le président va devoir prouver qu'il est capable de passer aux actes.

Et alors que le président devait initialement être seul à s'exprimer devant les 577 députés et 348 sénateurs, l'opposition a demandé que ses propos puissent être suivis d'un débat. Nouvelle preuve que pour Nicolas Sarkozy l'unité nationale ne limite pas la divergence affichée d'opinions.

Le président quittera les lieux avant ce débat, comme le prévoit la Constitution. Chaque groupe politique disposera de dix minutes par orateur et il n'y aura pas de vote.

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