Marine Le Pen et Emmanuel Macron se sont affrontés mercredi soir lors d'un ultime débat avant le deuxième tour de la présidentielle. Une dernière chance pour convaincre.

Marine Le Pen et Emmanuel Macron sur le plateau du dernier débat avant le deuxième tour
Marine Le Pen et Emmanuel Macron sur le plateau du dernier débat avant le deuxième tour © AFP / Eric FEFERBERG

Elle promettait du sang, peut-être en a-t-elle trop fait. En attaquant Emmanuel Macron dès les premières secondes, Marine Le Pen a étalé toutes ses cartes trop vite. De fait, la candidate du Front national s'est rapidement retrouvée à court de munition face à un rival qui a préféré adopter une posture sereine, déjà dans la fonction.

Le candidat d'En Marche ! a ainsi pu à la fois dérouler son programme, tenter d'en montrer la cohérence, mais aussi moquer l'agressivité de son adversaire. En professeur, Emmanuel Macron n'a pas cédé, sur TF1 et France 2, à la guerre d'usure que lui a livrée Marine Le Pen, tout au long du débat de l'entre-deux tours, le qualifiant d'emblée de "candidat de la mondialisation sauvage".

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Macron attaque Le Pen sur les retraites

Emmanuel Macron a attaqué jeudi soir, lors du débat télévisé de l'entre-deux-tours, Marine Le Pen sur son revirement quant à l'application de la retraite à 60 ans, que la candidate du FN ne prévoit plus d'appliquer immédiatement si elle est élue.

"Mme Le Pen propose de partir à 60 ans. Elle proposait naguère qu'on puisse le faire dès son élection, maintenant elle a reporté la chose", a pointé le candidat d'En Marche ! Lors du débat, sa rivale s'est engagée à mettre en place la retraite à 60 ans, moyennant 40 annuités de cotisations, "d'ici la fin du quinquennat". "Non, ça n'a pas changé" quant à la date, a-t-elle affirmé, interpellée par Emmanuel Macron.

La candidate au second tour de la présidentielle avait affirmé mercredi soir que "le retour à l'emploi" était nécessaire pour rendre effective, "probablement à la fin du quinquennat", la retraite à 60 ans avec 40 annuités de cotisations, qu'elle prévoyait jusque-là presque immédiate. L'ancien ministre de l'Economie a en outre critiqué un projet coûtant "30 milliards" et étant "infinançable" à ses yeux. "Non, 17" milliards, l'a interrompu la candidate FN et actuelle eurodéputée.

"La France sera dirigée par une femme, ce sera moi ou Madame Merkel"

Marine Le Pen a assuré que "la France sera dirigée par une femme" après la présidentielle, "moi ou Madame Merkel", après avoir accusé Emmanuel Macron de ne vouloir rien faire sans la bénédiction de la chancelière allemande.

"De toute façon, la France sera dirigée par une femme, ce sera ou elle, ou moi", a lancé Marine Le Pen à Emmanuel Macron lors de leur débat télévisé de l'entre-deux-tours.

L'Europe, un thème attendu après l'alliance entre Marine Le Pen et Nicolas Dupont-Aignan, et sur lequel la candidate frontiste était très attendue. Pourtant, sur la sortie de l'Euro, Marine Le Pen a déçu, peinant à convaincre. Elle s'est retrouvée en difficultés en comparant le paiement en euros à celui en écus, un élément de langage difficile à exploiter pour celle qui se veut populaire et proche de ses électeurs.

Des journalistes jugés inaudibles

La disposition scénique du débat y a peut-être contribué, mais il ressort de l'échange entre les deux candidats une impression brouillonne, avec des journalistes absents. Marine Le Pen et Emmanuel Macron, face à face, se sont invectivés très fréquemment tout au long de la soirée, sans que Christophe Jakubyszyn et Nathalie Saint-Cricq, les deux chefs des services politiques de TF1 et France 2, ne parviennent à s'imposer.

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Une impression qui a alimenté nombre de messages sur les réseaux sociaux. Mais pour Christophe Jakubyszyn, les deux présentateurs n'ont pas perdu la maîtrise du débat : "J'ai pas eu l'impression de me faire déborder [...] L'intensité entre les deux était inédite".

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Invectives et échanges violents pour le débat d'entre deux tours Macron-Le Pen
Invectives et échanges violents pour le débat d'entre deux tours Macron-Le Pen © Visactu / Visactu

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