Hollande au sommet de la zone euro
Hollande au sommet de la zone euro © REUTERS/Philippe Wojazer

François Hollande s'exprime dans les colonnes du journal du Dimanche à l'occasion du 90ème anniversaire de Jacques Delors, ancien patron de la Commission européenne. il se livre à un véritable paidoyer pro-européen.

François Hollande estime que l'Union européenne ne peut se réduire à "des règles, des mécanismes, des disciplines" et doit se renforcer, grâce à une meilleure intégration économique, pour regagner les peuples qui se tournent vers les eurosceptiques. Le président français s'inquiète de "l'insuffisance" d'Europe :

L'Europe a laissé ses institutions s'affaiblir et les 28 gouvernements peinent à s'accorder pour aller de l'avant. Les Parlements restent trop loin des décisions. Et les peuples se détournent à force d'être contournés. Jacques Delors [...] a, tout le temps de sa présidence de la Commission, voulu que l'Europe puisse être celle des citoyens. Convenons que c'est là que le bât a blessé depuis vingt ans!

Quelles conséquences pourraient avoir les propositions de François Hollande ? Éléments de réponse avec Quentin Dickinson

Hollande veut créer une "avant-garde" de la zone euro

"La zone euro a su cette semaine réaffirmer sa cohésion avec la Grèce [...] mais nous ne pouvons en rester là", écrit le chef de l'État : "Partager une monnaie [...] c'est un choix que 19 pays ont fait parce que c'était leur intérêt", ajoute-t-il. "Ce choix appelle une organisation renforcée et avec les pays qui en décideront, une avant-garde. La France y est prête". Le président estime que l'Union européenne doit convaincre de sa capacité à être la meilleure organisation politique pour répondre aux crises économiques, écologiques et sécuritaires dans les années à venir et, pour ce faire, être plus politique et moins réglementaire.

"L'Union ne peut se réduire à des règles, des mécanismes ou des disciplines", souligne François Hollande, qui a dû demander pour la France un délai pour ramener le déficit à 3% du PIB d'ici 2017 au lieu de 2015. "Elle doit convaincre les peuples que, si elle a été capable de préserver la paix, elle est aujourd'hui la meilleure invention pour protéger les valeurs et les principes qui fondent notre culture commune, ce que l'on appelle notre mode de vie etqui est aussi notre modèle social."

Hollande pour un gouvernement de la zone euro

Alors que l'UE est accusée d'imposer l'austérité à certains pays pour les faire entrer dans les clous du pacte de stabilité, François Hollande estime que seule une plus grande intégration permettra de progresser. Et à cette fin, il reprend sa proposition d'un gouvernement de la zone euro, formulée dès le mois de mai avec la chancelière allemande Angela Merkel. Il y souhaite aussi la mise en place d'un budget de la zone euro et d'un parlement ad hoc , évoquée mardi lors de son interview télévisée pour le 14-Juillet.

"Avec Jacques Delors, l'Europe s'est élargie, mais il nous avait mis en garde en proposant un approfondissement avec des intégrations différenciées. Écoutons-le. Les circonstances nous conduisent à accélérer", écrit le chef de l'Etat, moins d'une semaine après l'accord arraché sur un plan de sauvetage de la Grèce.

Nous ne pouvons en rester là. J'ai proposé de reprendre l'idée de Jacques Delors du gouvernement de la zone euro et d'y ajouter un budget spécifique ainsi qu'un Parlement pour en assurer le contrôle démocratique.

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Nicolas Sarkozy est au micro de Mathieu Benjamin

Dans un rapport récent, les présidents des institutions européennes plaident eux aussi pour une intégration plus avant des pays de la zone euro. Lors d'un déplacement à Avignon (Vaucluse) dimanche, Manuel Valls a annoncé que des initiatives seraient prises "dans les semaines qui viennent" et que des propositions concrètes seraient émises à partir des pistes tracées par le chef de l'État. "Chacun a bien compris qu'on ne pouvait plus faire du surplace, qu'il fallait avancer", a dit le Premier ministre à la presse. "Nous sommes en train de sortir progressivement, même si c'est difficile, de la crise grecque mais il faut en tirer les leçons et aller beaucoup plus loin, nous avons besoin de plus d'Europe si nous ne voulons pas que les populismes s'imposent."

L'intervention de Manuel Valls au micro d'Olivier Bost

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