[scald=67115:sdl_editor_representation]DUBAI (Reuters) - Après des mois d'atermoiements, le président du Yémen a signé mercredi un accord organisant le transfert du pouvoir à son vice-président et visant à mettre fin aux manifestations qui ont mené le pays au bord de la guerre civile.

La télévision saoudienne a diffusé des images montrant le président Ali Abdallah Saleh paraphant à Ryad l'accord établi sous l'égide du Conseil de coopération du Golfe (CCG, entité régionale de six pays dont l'Arabie saoudite), en présence du roi Abdallah et du prince héritier Naïef.

Les représentants de l'opposition yéménite ont ensuite signé l'accord négocié avec le concours d'un émissaire de l'Onu, Jamal Benomar.

A trois reprises par le passé, Ali Saleh avait annoncé son intention d'accepter le plan du CCG mais avait changé d'avis à la dernière minute provoquant la colère des manifestants qui campent dans le centre de Sanaa, la capitale du Yémen, pour obtenir le départ du président au pouvoir depuis 33 ans.

En vertu du plan, Saleh doit transférer ses pouvoirs au vice-président, Abd-Rabbou Mansour Hadi, avant la tenue d'élections anticipées. Il conserverait son titre de président après avoir transmis la totalité de ses pouvoirs à Hadi, lequel devra former un gouvernement d'union nationale avec l'opposition. Hadi devra organiser en outre une élection présidentielle anticipée dans les trois mois.

Selon l'agence Saba, Saleh a reçu mardi un appel téléphonique du secrétaire général de l'Onu, Ban Ki-moon, le remerciant "de ses efforts pour sortir le Yémen de sa crise de manière pacifique".

Plusieurs sources diplomatiques et d'opposition ont expliqué que l'accord serait signé en Arabie saoudite car le secrétaire général du CCG, Abdoulatif Al Zayyani, refusait de se rendre à Sanaa, lassé des atermoiements du président yéménite.

La part active prise par l'Arabie saoudite dans cette transition s'explique par la crainte de Ryad de voir se développer à ses portes des groupes d'activistes liés à Al Qaïda, profitant du vide politique et des tensions qui durent depuis des mois au Yémen.

SALEH SERA SOIGNÉ À NEW YORK

Lors de leur conversation téléphonique, le président yéménite a informé Ban Ki-moon qu'il entendait se rendre à New York pour y suivre un traitement médical aussitôt après la signature.

"Il m'a dit qu'il viendra à New York pour un traitement médical aussitôt après la signature de l'accord", a déclaré Ban, mercredi. "S'il vient à New York, je serai ravi de le rencontrer", a-t-il ajouté.

Saleh a été soigné en Arabie saoudite après avoir été blessé au mois de juin dans un attentat à la bombe qui avait endommagé le palais présidentiel peu après son premier refus de signer l'accord de transfert du pouvoir.

"Je lui ai dit que les Nations unies n'épargneront aucun effort et que je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour mobiliser les ressources et le soutien nécessaires afin que la paix, la stabilité et l'ordre démocratique soient rétablis au Yémen", a poursuivi Ban Ki-moon.

Un responsable yéménite a souligné que les deux principaux adversaires de Saleh, le général Ali Mohsen, qui a fait défection au début des manifestations, et Ahmar, pourraient s'opposer à un accord dont ils seraient exclus.

La guerre dans les rues de Sanaa entre les troupes de Mohsen et Ahmar et celles de Saleh, dirigées par le fils et le neveu du président, semble dans l'impasse.

Des tirs ont été échangés mercredi dans les quartiers de Soufan et d'Al Hasaba, où vit Ahmar. Des explosions pouvaient être entendues au loin. Aucune victime n'a été signalée.

Mohamed Ghobari à Sanaa, avec Martina Fuchs, Eric Faye et Clément Guillou pour le service français, édité par Gilles Trequesser

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