[scald=91997:sdl_editor_representation]PARIS (Reuters) - Les propositions de Nicolas Sarkozy pour réformer l'indemnisation du chômage sont peu réalistes, selon l'organisation patronale CGPME, et scandaleuses pour l'opposition.

Le chef de l'Etat a dit envisager un référendum sur un nouveau système qui obligerait les chômeurs à accepter le premier emploi pour lequel ils auront bénéficié d'une formation.

"Notre système d'indemnisation du chômage fonctionne mal", déclare Nicolas Sarkozy, qui n'est pas encore officiellement candidat à l'élection présidentielle, dans un entretien au Figaro Magazine.

"Je propose de créer un nouveau système dans lequel l'indemnisation ne sera pas une allocation que l'on touche passivement, mais la rémunération que le service public de l'emploi versera à chaque demandeur d'emploi en contrepartie de la formation qu'il devra suivre", poursuit-il.

La CGPME souligne dans un communiqué que "le système actuel géré par les partenaires sociaux est assuranciel. Le salarié et son employeur cotisent, en échange de quoi le salarié perçoit automatiquement une indemnisation s'il perd son emploi".

"Par ailleurs, il convient de souligner que tout demandeur d'emploi est aujourd'hui, en théorie, tenu d'accepter une 'deuxième offre raisonnable d'emploi' et qu'à défaut, il s'expose à être radié", poursuit l'organisation patronale.

"Cette mesure est peu appliquée en raison notamment des difficultés d'interprétation de la définition d'une 'offre raisonnable d'emploi' (...). Il paraît donc peu réaliste d'envisager que le chômeur 'soit tenu d'accepter la première offre d'emploi correspondant au métier pour lequel il aura été formé'", ajoute la CGPME.

SARKOZY, "ENNEMI DU RÉFÉRENDUM"

L'opposition de gauche et de droite a critiqué ces propositions.

"Le prochain référendum, c'est l'élection présidentielle", a ironisé jeudi le candidat socialiste François Hollande, favori des sondages.

"Après un premier mandat à fabriquer du chômage, M. Sarkozy candidat à un second pour radier les chômeurs!", dénonce la première secrétaire du Parti socialiste, Martine Aubry, dans une tribune publiée vendredi dans Libération.

A droite, la candidate du Front national, Marine Le Pen a estimé sur BFM TV que "s'il y a bien un ennemi du processus référendaire, c'est bien Nicolas Sarkozy", une allusion au traité européen de Lisbonne, issu du projet constitutionnel rejeté par les Français par référendum en 2005, et adopté par voie parlementaire par décision du chef de l'Etat.

La candidate d'Europe Ecologie-Les Verts, Eva Joly, a quant à elle estimé sur France Inter qu'"il veut faire passer les chômeurs, qui sont 4 millions dans notre pays, pour des fainéants, c'est très scandaleux".

"L'aspect populiste de cette question -sous-entendre qu'en réalité les chômeurs ne sont pas des chômeurs- (...) c'est scandaleux", a-t-elle ajouté.

Le nombre de demandeurs d'emploi a encore progressé en décembre, le nombre de chômeurs en catégorie A, la plus regardée atteignant son plus haut niveau depuis septembre 1999.

Jean-Baptiste Vey, édité par Patrick Vignal

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