PARIS (Reuters) - Socialistes et écologistes français ont conclu mardi un accord a minima pour les élections de 2012, laissant de côté la question de la sortie du nucléaire faute de compromis, ont déclaré des négociateurs des deux camps.

Eva Joly
Eva Joly © Reuters / Charles Platiau

Ce projet d'accord, qui doit encore être entériné par les instances du PS et d'Europe Ecologie-Les Verts (EELV), prévoit de réserver des circonscriptions législatives aux écologistes comme candidats uniques en 2012 et s'accompagne d'une déclaration générale qui laisse les deux partis défendre leurs programmes respectifs pendant la campagne électorale.

"D'ores et déjà, je peux vous dire que nous avons acté la possibilité de présenter cet accord, qui est un accord ambitieux et en même temps qui prend en compte un certain nombre de désaccords", a déclaré Cécile Duflot, la secrétaire nationale d'EELV.

"C'est la volonté partagée de faire preuve de responsabilité et aussi de travailler à des positions solidaires parlementaires de 2012 à 2017", a-t-elle ajouté en marge d'une réunion du conseil régional d'Ile-de-France.

Le chef des négociateurs socialistes, Bruno Le Roux, a confirmé l'existence de cet accord a minima après des semaines de pourparlers parfois tendus entre les deux camps.

L'accord entre les Verts et le PS par Marion Lagardère :

"Chacun a bien pris la mesure de la responsabilité que nous avions devant l'opinion publique de gauche après plusieurs semaines de discussions", a-t-il déclaré au siège du PS, devant lequel des manifestants de l'organisation écologiste Greenpeace avait déployé un calicot disant: "M. Hollande changez l'avenir, stoppez le nucléaire".

Le candidat socialiste n'a pas transigé, maintenant sa volonté de réduire de 75% à 50% la part du nucléaire dans la production d'électricité française à l'horizon 2025, tout en consentant à la fermeture de certaines centrales vétustes au sein du parc de 58 réacteurs installés en France, mais refusant la sortie du nucléaire voulue par Eva Joly.

Cette réduction entraînera à l'horizon 2025 la fermeture de 24 réacteurs, a expliqué un dirigeant écologiste.

FILLON DÉNONCE UN MARCHANDAGE

Le PS a également refusé de céder sur la principale demande programmatique des écologistes, l'abandon du projet de réacteur nucléaire "EPR" de troisième génération, en cours de construction à Flamanville dans la Manche.

Un éventuel audit du chantier de Flamanville, un moment évoqué comme piste de compromis pendant les négociations, n'est pas pour l'instant évoqué.

Aucun accord n'a également été conclu sur l'arrêt de la construction du futur aéroport de Notre-Dame-des-Landes (Loire-Atlantique), dont EELV ne veut pas.

Ce projet d'accord devait être évoqué mardi par le Bureau national du PS et samedi par le conseil fédéral d'EELV.

A l'Assemblée, le Premier ministre François Fillon a dénoncé le "marchandage" des socialistes sur le nucléaire.

"Si j'en crois les SMS qui nous informent sur les tractations entre les Verts et Parti socialiste, vous avez déjà sacrifié 24 réacteurs nucléaires aux circonscriptions et à l'échange électoral avec les Verts", a-t-il déclaré lors des questions au gouvernement.

"Vous avez choisi de sacrifier l'un des rares avantages compétitifs de la France par rapport aux autres pays européens, l'un des domaines d'excellence de l'industrie française et de son rayonnement dans le monde", a-t-il ajouté.

L'accord électoral vise à permettre aux écologistes d'obtenir un groupe à l'Assemblée, ce qui suppose temps de parole, moyens financiers et de manière générale l'existence institutionnelle qui leur manque pour l'instant.

Selon Le Monde, il est question de leur garantir une quinzaine de sièges en cas de défaite de la gauche à la présidentielle et à une trentaine en cas de victoire.

Elizabeth Pineau et Thierry Lévêque, édité par Patrick Vignal

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